[Critique] MARIAGE À LONG ISLAND

CRITIQUES | 7 mai 2018 | Aucun commentaire

Titre original : The Week Of

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Robert Smigel
Distribution : Adam Sandler, Chris Rock, Steve Buscemi, Rachel Dracht, Allison Strong, Roland Buck, Jared Sandler, Jackie Sandler…
Genre : Comédie
Date de sortie : 27 avril 2018 (Netflix)

Le Pitch :
Deux pères s’efforcent d’organiser le mariage de leurs enfants. À quelques jours de la cérémonie, alors que le fossé qui les sépare donne lieu à quelques situations incongrues, les deux hommes vont tenter de s’entendre…

La Critique de Mariage à Long Island :

Proche d’Adam Sandler, l’acteur Robert Smigel a joué avec lui dans Terminagolf, Little Nicky, Punch Drunk Love, Rien que pour vos cheveux ou encore Hôtel Transylvanie. Aujourd’hui, il passe à la réalisation, avec un film qu’il a co-écrit avec Sandler. Mariage à Long Island (co-produit par Sandler) dans lequel on retrouve plusieurs têtes connues de l’entourage de celui dont le talent ne semble reconnu que lorsqu’il sort de sa zone de confort (comme dernièrement avec The Meyerovitz Stories, de Noah Baumbach). Un film de famille donc, comme Adam Sandler les affectionne tant, lui cet ami fidèle toujours prompt à bosser avec ses copains, comme c’est le cas aujourd’hui avec Chris Rock ou Steve Buscemi. Sandler et Smigel dont le nouveau long-métrage s’attache ainsi à retracer l’ultime semaine de préparation avant un mariage à la logistique pour le moins complexe. Une comédie peut-être un poil bancale, dont (l’énorme) qualité principale est de posséder un capital sympathie largement suffisant pour excuser les petits travers émaillant son déroulement…

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Le père de la mariée

En 1991, dans Le Père de la Mariée, Steve Martin avait franchement du mal à voir partir sa fille chérie dans les bras d’un type considéré alors comme un intrus, quand bien même les sentiments qui unissaient les deux tourtereaux étaient puissants et sincères. Le paternel incarné par Adam Sandler dans Mariage à Long Island n’a par contre aucun mal à voir son enfant se marier. C’est un père apaisé de ce point de vue, qui aime son gendre. En plus c’est réciproque. Le problème ici, c’est qu’un mariage, ça coûte une blinde. L’argent est donc au centre de la dynamique du film, où il est question du « choc » de deux univers et in fine du fossé séparant les classes. D’un côté un homme simple, un travailleur modeste de la classe moyenne, désireux de prendre en charge un mariage forcément à son image, et de l’autre un docteur pété de thunes, mais beaucoup moins porté sur l’expression des sentiments. Un type plus superficiel, éloigné de sa famille, incarné par Chris Rock. Bien sûr, au final, cela ne fait aucun doute, Mariage à Long Island verra ce gars déconnecté des vraies valeurs ouvrir les yeux au contact de ces gens de la classe ouvrière, tandis que ces derniers profiteront aussi d’une certaine façon de la situation pour s’ouvrir aux autres. Mariage à Long Island organisant en somme un dynamitage en règle des idées reçues. Sans faire preuve de trop de finesse mais avec une sincérité et une certaine naïveté qui changent tout.

Sandler show

Mariage à Long Island porte bien évidemment la marque de son acteur principal. Quand il ne tourne pas dans des films dits plus « sérieux », comme Punch Drunk Love, Funny People ou The Meyerovitz Stories, Adam Sandler pilote des projets sur lesquels il semble avoir un contrôle total. Ce n’est pas lui qui réalise mais c’est lui qui mène la danse. Ici, alors que sa nouvelle livraison s’inscrit dans le cadre du deal signé il y a quelques années avec Netflix (comme The Do-Over ou Sandy Wexler), Sandler a néanmoins mis la pédale douce. L’humour du comédien s’exprime bien sûr par le biais de gags un peu trash et souvent borderline, mais à l’arrivée, c’est l’émotion qui prime. La famille et plus spécifiquement la paternité font partie d’un package riche en vannes parfois très drôles, alors qu’au final, le film tente de faire couler une petite larme chez les spectateurs. Pas de cynisme ici mais une véritable sincérité assortie d’une exécution simple mais encore une fois touchante. Que ce soit au niveau de l’écriture que de la mise en scène. Mariage à Long Island ne prétend pas réinventer une formule vieille comme la comédie américaine mais seulement proposer un spectacle familial, où les bons sentiments prédominent au sein d’une histoire peuplée de personnages attachants. On sent que Sandler s’est de plus vraiment investi dans le long-métrage, tenant à lui conférer une tendresse indéniable. La présence au générique des enfants de l’acteur faisant office de preuve criante du caractère sincère de l’ensemble.
Évoluant en terrain connu, en compagnie d’amis, Adam Sandler réussit à outre à véritablement tirer partie de l’opposition entre son personnage et celui joué par un Chris Rock lui aussi plutôt surprenant, tant il n’a pas vraiment recours aux artifices habituellement inhérents à ce genre de rôle. Encore une fois, rien de révolutionnaire mais ça fonctionne, et c’est bien le principal. On rit, la fin est émouvante et le temps file.

En Bref…
Comédie familiale touchante et généreuse, parsemée de petits détails hilarants et bénéficiant d’une écriture plus profonde qu’il n’y paraît, Mariage à Long Island vaut aussi bien sûr par l’investissement de son acteur principal, Adam Sandler, que ce soit pour faire rire ou pour initier une émotion prégnante. Nous n’en demandions pas plus.

@ Gilles Rolland

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Par Gilles Rolland le 7 mai 2018

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