[Critique] SAN ANDREAS

CRITIQUES | 28 mai 2015 | 1 commentaire
San-Andreas-poster

Titre original : San Andreas

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Brad Peyton
Distribution : Dwayne Johnson, Carla Gugino, Alexandra Daddario, Ioan Gruffudd, Archie Panjabi, Paul Giamatti, Hugo Johnstone-Burt, Art Parkinson, Kylie Minogue…
Genre : Catastrophe/Action
Date de sortie : 27 mai 2015

Le Pitch :
En Californie, la faille de San Andreas s’ouvre et provoque le plus gros séisme jamais enregistré. Un pilote d’hélicoptère, sauveteur de profession, tente alors de se rendre à San Francisco afin de retrouver sa fille. Accompagné de son ex femme, il découvre l’ampleur des dégâts, mais est loin de se douter que le pire reste à venir…

La Critique :
Il fut une époque où ce genre de longs-métrages, dans lesquels tout explose sous les assauts d’un désastre naturel ou d’une invasion extraterrestre, dominaient le box office. Désormais plus rare, le film catastrophe revient néanmoins régulièrement, histoire de proposer aux spectateurs un spectacle en forme de destruction massive et totale. Et si l’année dernière, Black Storm et ses tornades avaient quand même embrassé les codes inhérents au genre, il faut remonter au 2012, de Roland Emmerich, sorti sur nos écrans en 2009 pour retrouver le dernier représentant de la discipline. San Andreas vient-il donc combler un manque ? Il ne faut pas exagérer non plus. Disons qu’il honore une tradition hollywoodienne quasi-ancestrale et contribue à remettre au goût du jour, grâce aux nouvelles technologies, des clichés toujours présents, dont l’efficacité n’est plus à prouver.
Des clichés s’exprimant surtout via les personnages, qui correspondent toujours à des profils pré-établis, que l’on retrouve systématiquement ou presque dans ce style de blockbuster et qui, bien sûr, sont tous dans Sans Andreas :

1 – Le héros
Ici, c’est Dwayne Johnson. Avant, c’était Dennis Quaid (Le Jour d’après), Will Smith (Independence Day) ou encore John Cusack (2012). Le héros est fort, mais en général, il est aussi un peu marginal et se débat avec des problèmes censés provoquer l’empathie. Raymond, le personnage de The Rock, apprend au début du film, que sa femme demande le divorce et qu’elle vient de s’installer, avec sa fille, chez un type plein aux as. Pour le héros, le chaos à venir représente une aubaine : peu importe que tout parte en vrille dans un déluge de feu, car le vrai but est de recoller les morceaux et de former une famille à nouveau. San Andreas n’y va pas par quatre chemins et ne cache pas cet aspect des choses. Étrangement, si le protagoniste central est le chef des sauveteurs, personne ne trouve rien à redire quant au fait qu’il monopolise un hélico pour sauver sa famille, sans à aucun moment recevoir un quelconque appel lui demandant de venir organiser de multiples sauvetages comme sa profession est censée l’exiger. Mais au fond, on s’en fout car le réalisme n’est pas à l’ordre du jour dans ce style de film. Il faut que ça bouge, que ça explose et que dans le cas présent, le show soit garanti et amplifié par la présence du massif Dwayne Johnson, et par sa propension à toujours savoir où aller, comment faire et utiliser ses muscles pour carrément s’opposer, tout seul, au tremblement de terre le plus terrible de l’Histoire.

San-Andreas-Alexandra-Daddario

2 – Le scientifique qui sait tout avant tout le monde mais que personne n’écoute
Le segment du scénario qui s’intéresse au spécialiste des séismes interprété par Paul Giamatti est presque indépendant du reste, en cela qu’il ne vient jamais croiser la route de Dwayne Johnson et de sa famille. Comme toujours, son rôle est de connaître la nature du problème et de tenter, non pas grâce à ses muscles, mais avec ses neurones, de prévenir le public de ce qui s’apprête à lui tomber sur le coin de la tronche. Au début mis à l’écart car jugé alarmiste, le scientifique qui sait tout est généralement célébré à la fin.

3 – La fille (canon)
Il y a toujours ou presque un « fils de » dans ce genre de film. Dans San Andreas, il s’agit d’une fille, et en plus, elle est canon, ce qui permet de proposer un combo en assurant du même coup l’atout charme indispensable. Carla Gugino, qui joue ici la femme de Dwayne Johnson, va aussi un peu dans ce sens, même si c’est bien le physique ultra avantageux d’Alexandra Daddario qui est mis en avant. Très discrètement cela dit et jamais de façon vulgaire. San Andreas a pensé à tout mais reste familial. Ainsi que les clichés l’exigent, ce personnage est donc agréable à regarder, mais aussi très intelligent (il tient de son père, ce héros). À l’instar de Jake Gyllenhaal dans Le Jour d’après, Alexandra Daddario s’impose aussi comme une version light du sauveur, et contribue à la sauvegarde de personnages secondaires.

4 – Le gros con égoïste
Quand un tremblement de terre met le boxon, pas besoin de méchant. Cela dit, souvent, un type se pose comme le salopard de service, en faisant preuve d’une lâcheté à toute épreuve. Bonne idée d’être allé chercher Ioan Gruffudd, l’ex-Mister Fantastic des calamiteuses adaptations des 4 Fantastiques pour tenir ce rôle. Rival du héros, auquel il s’apprête à voler la place de père, Gruffudd montre son vrai visage quand un bloc de béton défonce sa bagnole. Prévisible, téléphoné, mais toujours efficace, car en général, le gars finit tôt ou tard par payer le prix fort.

Imparable, le schéma que San Andreas applique à la lettre, très consciencieusement, interdit toute surprise. Prévisible, le film de Brad Peyton l’est sans aucun doute. Si les acteurs, Dwayne Johnson en tête, toujours solide, font le job avec beaucoup de conviction, personne n’est dupe quant au caractère policé de toute l’entreprise. Mais l’important n’est pas là. Lorsqu’on paye pour voir un film comme celui-ci c’est pour en prendre plein les yeux et là, le contrat est rempli. Brad Peyton ne se laisse pas démonter et orchestre une démolition générale vraiment impressionnante, quitte à souvent en faire des caisses, au mépris d’un certain réalisme. Mais c’est logique. Au cinéma, sur grand écran, avec le son à fond les ballons, San Andreas passe comme une lettre à la poste. Le temps file comme l’éclair et les effets-spéciaux, à la pointe, permettent de livrer un show à couper le souffle. Parfois très con, ultra balisé, le long-métrage va néanmoins jusqu’au bout et quand on goûte à ce genre de choses, on en prend plein les yeux. Inscrit dans une tradition américaine séculaire, il se concentre sur l’essentiel et ne perd pas de temps. Et c’est aussi parce qu’il assume sa condition, qu’il se hisse au-dessus de certains de ses concurrents.

@ Gilles Rolland

San-Andreas-Dwayne-Johnson-Carla-GuginoCrédits photos : Warner Bros. France

 

Par Gilles Rolland le 28 mai 2015

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