[Critique] SECRET AGENCY

CRITIQUES | 9 août 2015 | Aucun commentaire
Secret-Agency-Barely-Lethal-poster

Titre original : Barely Lethal

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Kyle Newman
Distribution : Hailee Steinfeld, Samuel L. Jackson, Jessica Alba, Sophie Turner, Jaime King, Dove Cameron, Toby Sebastian, Thomas Mann, Steve-O…
Genre : Comédie/Action/Thriller
Date de sortie : 7 août 2015 (DTV)

Le Pitch :
Entraînée depuis l’enfance dans un centre top secret, afin de devenir un redoutable agent secret, Megan, 16 ans, ne rêve que de s’échapper pour goûter aux joies de l’adolescence, comme toutes les filles de son âge. Quand l’occasion se présente enfin, elle n’hésite pas et se fait passer pour une élève inscrite dans un programme d’échange scolaire. Alors qu’elle découvre qu’il n’est pas si simple de s’intégrer dans un lycée, Megan ne va pas tarder à voir son passé resurgir de manière assez brutale…

La Critique :
La sortie, puis le triomphe critique, de Kingsman, de Matthew Vaughn, a donné des idées au distributeur du film qui nous intéresse aujourd’hui. Pourquoi ne pas vendre Barely Lethal comme une sorte d’ersatz de Kingsman ? En le renommant Secret Agency par exemple, et en modifiant l’affiche de manière à surtout mettre en avant le côté « agent secret », au détriment de ce qui constitue pourtant l’essentiel de l’œuvre, à savoir le côté « teen movie » boosté à l’humour gentillet. Alors que la majorité des visuels promo américains indiquaient plus ou moins clairement, notamment par le biais de touches très « girly », qu’il ne fallait pas non plus s’attendre à un déferlement de violence badass, le film qui arrive chez nous directement dans les bacs DVD et Blu-ray n’y va pas par quatre chemins et mise tout sur la baston et les flingues. C’est plutôt malin mais au final, la déception risque d’être grande pour tous ceux qui vont glisser le film dans leur lecteur en espérant voir quelque chose d’aussi brutal et second degré que l’excellent Kingsman.
À vrai dire, Secret Agency est assez symptomatique de cette tendance cynique de tabler la promo d’un film sur des éléments qui ne tiennent pas une place si primordiale que cela, mais qui ont fait leurs preuves, commercialement parlant.
À l’arrivée donc, il s’agit davantage d’une déclinaison de Lolita Malgré Moi, avec un peu d’action, qu’autre chose. Ce qui en soit, n’est pas nécessairement mauvais, entendons-nous bien.

Secret-Agency-Jessica-Alba

Avec son héroïne dotée de compétences mortelles désireuse de passer à autre chose en embrassant la vie de l’adolescente yankee typique, le long-métrage propose une sorte de version inversée du passage de Kick-Ass 2 durant lequel Hit Girl tente malgré elle de s’intégrer dans la faune des teenagers américaines de son lycée. Hailee Steinfeld, la jeune surdouée découverte dans le True Grit des frères Coen, occupe ainsi la place centrale et dans un sens, convient à merveille au rôle. En d’autres mots, elle fait ce qu’elle peut, tandis que Samuel L. Jackson joue une nouvelle fois au pigiste de luxe en n’apparaissant que dans une poignée de scènes, suivi par Jessica Alba, elle aussi juste là, le temps d’une quelques minutes, pour donner au film un supplément de prestige.

Aux commandes, Kyle Newman fait un peu le minimum syndical, visiblement pas aussi à l’aise avec son récit et son concept qu’il a pu l’être avec son précédent film, le très bon (dans son genre) Fanboys, qui revenait sur le périple d’un groupe de fans de Star Wars, à l’époque de la sortie de La Menace Fantôme. Ici, les références ne sont la plupart du temps pas avouées et rien ne vient troubler un ordre établi bien pépère.
Si de plus en plus de productions méritantes se voient cantonnées aux rayons DVD des supermarchés, sans que cela ne soit justifié, Secret Agency mérite son statut de DTV, malgré la présence sur l’affiche de têtes connues. Et tant pis pour Sophie Turner, la Sansa Stark de Game of Thrones qui, contrairement à Samuel L. Jackson et Jessica Alba, semble prendre un vrai plaisir, en écornant son image de jouvencelle sans défense, dans un rôle de « méchante » peste.

Bilan des courses : assez inoffensif, Secret Agency n’a ni le mordant de Kingsman, ni le caractère décomplexé de Kick-Ass, ni l’humour et la pertinence de Lolita Malgré Moi (à ce jour l’un des derniers teen movies vraiment bons). Reste une histoire simpliste carburant aux clichés, qui pourra faire l’affaire, à condition de ne pas avoir vu les films mentionnés plus haut.

@ Gilles Rolland

Secret-Agency-castCrédits photos : Seven 709

 

Par Gilles Rolland le 9 août 2015

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