[Critique] TITANE

CRITIQUES | 24 octobre 2021 | Aucun commentaire
Titane-poster

Rating: ☆☆☆☆☆

Origines : France/Belgique

Réalisatrice : Julia Ducournau

Distribution : Agathe Rousselle, Vincent Lindon, Garance Marillier, Laïs Salameh, Dominique Frot…

Genre : Drame/Thriller

Durée : 1h48

Date de sortie : 14 juillet 2021

Le Pitch :

Une danseuse qui aime (un peu trop) les voitures et qui a une plaque en titane dans la tête est prise de pulsions meurtrières…

La Critique de Titane :

C’est toujours la même rengaine. Souvent, pendant le Festival de Cannes ou une autre compétition plus ou moins prestigieuse, un film se démarque parce que pendant la projection, des spectateurs ont vomi ou sont tombés dans les pommes. C’est ce qui s’est passé à Cannes pour Titane. Plusieurs personnes ont convulsé ou un truc du genre et la promotion du film était toute faite.

Cela dit, il aurait été intéressant de demander l’avis d’un spécialiste car si ça se trouve, les personnes en question ont juste fait un malaise vagal en rapport avec l’hypoglycémie ou un truc du genre. Allez savoir… Peut-être ont-elles tourné de l’œil devant tant de nullité crasse ? Et si Titane, grâce à sa putasserie extrême, sa bêtise abyssale et son manque absolu d’intérêt avait déclenché chez ces gens une réaction de défense conditionnée par leur bon goût ? Tout est possible quand on parle d’un truc aussi médiocre que Titane

N’est pas Cronenberg ou Lynch qui veut

Julia Ducournau a réussi a s’imposer grâce à Grave, un bon gros navet des familles, aussi choquant qu’une publicité pour les couches pour adultes et à peu près aussi virtuose qu’un épisode de Capitaine Marleau. La sauveuse du cinéma de genre français !!! Carrément ! Oubliez Alexandre Aja car de toute façon il est parti à l’Ouest et méprisez tous ceux qui essayent de faire des films d’horreur honnêtes et francs. Ducournau est là pour sauver notre beau pays ! On lui a même refilé la Palme d’Or. Spike Lee aurait-il bouffé un macaron pas frais avant la cérémonie ? Le jury avait-il participé la veille à une fête particulièrement arrosée pour ne même pas se rendre compte qu’il couronnait un tel étron filmique ? Là encore, tout est possible ! Reste que Titane a aussi été sélectionné pour les Oscar, catégorie meilleur film étranger. On marche sur la tête. Comment une réalisatrice aussi dénuée de la moindre vision, du moindre talent et de la moindre finesse a-t-elle réussi à embobiner autant de monde ? C’est un mystère.

Non-film

Titane n’a rien rien d’un film d’horreur. C’est à peine un film. Parlons plutôt d’un collage racoleur et vulgaire de scènes parfois incompréhensibles, qui ne semble avoir été orchestré que pour choquer une certaines audience, abonnée à Télérama, qui chie à longueur d’années sur le cinéma populaire pour mieux se palucher devant ce genre de trip vide de sens.

Quand Grave partait en sucette après quelques minutes, propulsé par une putasserie sans limite, Titane enquille direct et se vautre, au bout de 5 minutes à peine dans la fange. Sous couvert d’un message dans l’air du temps, qui entend probablement déconstruire ce que l’on appelle le male gaze, Julia Ducornau tente de remixer des scènes vues chez David Cronenberg et John Carpenter et mixe le tout au sein d’une histoire sans queue ni tête en essayant de noyer le poisson pour nous faire croire qu’elle a autant de talent que David Lynch. Comme dans Christine, une voiture tient un rôle central dans le récit, comme dans Crash, la chair entend fusionner avec le métal et comme Lost Highway, Titane change de braquet à mi-parcours. À la différence près que lui, il ne cesse, scène après scène, de s’enfoncer dans les tréfonds d’une nullité crasse.

Palme plaquée or

Titane, c’est le genre de film qu’il faut aimer. Sinon, on se reçoit des remarques du genre « c’est parce qu’il t’a dérangé ? » ou « pour une fois qu’on a un film comme ça en France ». Pourtant, Titane s’apparente à une gigantesque entreprise d’enfumage. La violence par exemple, est là sans aucune raison. Le personnage principal tue pour tuer puis se range des voitures en se faisant passer pour un homme, tout en essayant de cacher un lourd secret. On pige le message mais il n’a rien de pertinent ni de dérangeant. À vrai dire, Ducournau dessert complètement ses thématiques. Et ce n’est pas la photographie, à gerber, qui insiste lourdement à grands renfort de lumières bien criardes, qui arrange les choses.

Visuellement, Titane est méchamment raté. Grave avait au moins pour lui sa sobriété. Mais Titane est aussi particulièrement mal écrit. Aucun dialogue ne fait mouche, rien n’a véritablement de sens et l’histoire s’avère aussi inintéressante que poussive. Malheureusement, même les acteurs sont aux fraises. Alors qu’il aurait pu sauver le film, Vincent Lindon doit se contenter de surjouer à cause d’une partition moisie et l’actrice principale, Agathe Rousselle, est complètement à côté de la plaque. Avec son regard éteint et encore moins d’énergie qu’une limande congelée sur l’étal du poissonnier, elle récite ses répliques sans aucune conviction et participe au naufrage de l’ensemble. Et on ne parle pas du manque de rythme, des second rôles médiocres et de cette durée excessive qui rend l’expérience particulièrement pénible.

En Bref…

Prétentieux à l’extrême, faussement complexe mais véritablement crétin, vulgaire et fadasse, écrit sans aucun talent et réalisé par quelqu’un qui ne possède absolument aucune singularité ni aucun sens de l’efficacité, malhonnête et insipide, Titane se paye en plus le luxe de mettre en avant des performances d’acteurs capables de faire passer le casting entier de Plus Belle la vie pour la compagnie Shakespeare. Produit markété pour choquer son monde, Titane n’est pas un film. Titane est la médiocrité incarnée.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Diaphana Films
Par Gilles Rolland le 24 octobre 2021

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