[Critique] USS GREYHOUND – LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE

CRITIQUES | 20 juillet 2020 | Aucun commentaire
USS-Greyhound-poster

Titre original : Greyhound

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Aaron Schneider

Distribution : Tom Hanks, Stephen Graham, Elisabeth Shue, Matt Helm, Rob Morgan, Craig Tate, Matthew Zuk…

Genre : Guerre/Aventure/Adaptation

Durée : 1h31

Date de sortie : 10 juillet 2020 (Apple TV +)

Le Pitch :

Alors qu’il se dirige vers l’Angleterre, en pleine Seconde Guerre mondiale, le ravitailleur de l’armée américaine USS Greyhound doit traverser, avec plusieurs autres navires, une zone particulièrement dangereuse, inaccessible aux avions censés les protéger des attaques ennemies. À la merci des redoutables sous-marins allemands U-Boot, le Greyhound peut néanmoins compter sur son commandant, Ernest Krause, pour arriver à bon port…

La Critique de USS Greyhound – La Bataille de l’Atlantique :

Initialement prévu pour une sortie en salles, repoussé suite à la pandémie de Covid-19 puis finalement racheté par Apple TV + pour la somme de 70 millions de dollars, USS Greyhound se retrouve sur le petit écran, bien malgré lui. Une décision n’ayant pas manqué de désoler Tom Hanks. L’acteur tenant ici non seulement le premier rôle, mais ayant aussi rédigé le scénario, à partir du livre de Cecil Scott Forester. USS Greyhound relatant une histoire fictive inspirée des combats dans l’Atlantique au plus fort du conflit entre les Nazis et les forces Alliées.

USS-Greyhound

Touché-coulé

La durée de USS Greyhound (1h31) peut étonner. Habituellement, les grandes fresques guerrières comme celle-ci durent beaucoup plus longtemps. Le truc, c’est que le film n’est pas une fresque guerrière. Pas au sens où on l’entend d’habitude en tout cas. Le récit se focalisant sur une courte période, suivant un navire engagé dans un combat sans merci contre plusieurs sous-marins ennemis dans les eaux tumultueuses de l’Atlantique. Une impitoyable partie de touché-coulé en somme, menée par un Tom Hanks à nouveau très investi. Ainsi, le long-métrage fait le choix de s’empresser de plonger directement dans l’action, épurant son propos au maximum. Les personnages sont peu nombreux et seul un d’entre eux, en l’occurrence celui campé par Hanks, a droit à une écriture un peu plus approfondie. Alors bien sûr, cela peut déstabiliser. Surtout que le capitaine du bateau s’inscrit en quelque-sorte dans la grande tradition des nobles héros du cinéma américain. Le genre de registre dans lequel Tom Hanks excelle. Le commandant se caractérisant par sa foi, son sens du devoir et sa droiture. Un homme d’action doté d’un grand sens de la mesure. Une figure plutôt old school donc, au centre d’une course-poursuite, opposée à un autre capitaine, allemand, présent uniquement à travers une voix proférant des menaces grandiloquentes à travers un haut-parleur. Une bonne idée d’ailleurs cette voix, tant elle permet d’instaurer une atmosphère encore plus étouffante et par moment carrément angoissante. La menace se faisant invisible la plupart du temps, difficile de savoir ce qui va suivre même si on se doute bien que Hanks et ses hommes, du moins la plupart d’entre eux, vont parvenir à rallier les côtes de l’Angleterre. Mais là n’est pas le propos. USS Greyhound ne vaut pas pour son dénouement, qu’on peut estimer prévisible, mais gagne ses gallons grâce à la force avec laquelle il orchestre son action, enchaînant les scènes puissantes et les morceaux de bravoure visuelle.

En pleine tempête

En cela, dans sa propension à élaguer au maximum les effets de styles narratifs pour se concentrer sur l’action, USS Greyhound se rapproche un peu de Mad Max : Fury Road. Toutes proportions gardées bien sûr. Les deux films ne s’embarrassant pas de trop de dialogues et faisant exister leurs personnages non pas à travers des flash backs et autres scènes introductives, mais à travers leurs actes, au beau milieu d’une lutte pour leur survie. Aux commandes de cette chasse en pleine mer, le relatif inconnu Aaron Schneider (titulaire d’un Oscar pour son court-métrage Two Soldiers en 2003) s’en sort avec les honneurs. Ample et pleine de souffle, sa réalisation s’avère aussi spectaculaire que possible. Que ce soit dans les moments plus calmes, quand la tension monte dans la cabine de commandement, où quand les bateaux font feu pour tenter de couler les sous-marins ennemis. USS Greyhound contenant en cela trois ou quatre scènes véritablement impressionnantes. Et tant pis si certaines incrustations apparaissent comme un peu hasardeuses car au fond, cela contribue d’une certaine façon à donner au film une patine paradoxalement un peu vintage. De quoi effectivement regretter que la conjoncture somme toute particulière lui ait interdit une projection sur grand écran…

En Bref…

Palpitante et spectaculaire partie de touché-coulé portée par un Tom Hanks à nouveau magistral, USS Greyhound va directement à l’essentiel. Profitant de la maestria de son réalisateur, le film s’avère ainsi passionnant de bout en bout, tendu à souhait et résolument viscéral dans sa façon de nous transporter au cœur d’une bataille sans merci au milieu des eaux déchaînées de l’Atlantique.

@ Gilles Rolland

USS-Greyhound-Tom-Hanks
Crédits photos : Apple TV +
Par Gilles Rolland le 20 juillet 2020

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