[Critique] SIMETIERRE (2019)

CRITIQUES | 26 avril 2019 | Aucun commentaire
Simetierre-poster

Titre original : Pet Sematary

Rating: ★★½☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateurs : Kevin Kölsch, Dennis Widmyer

Distribution : Jason Clarke, Amy Seimetz, John Lithgow, Jeté Laurence…

Genre : Épouvante/Horreur/Adaptation

Date de sortie : 10 avril 2019

Le Pitch :

Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux enfants s’installent dans une petite ville du Maine. Près de chez eux, ils découvrent dans les bois un cimetière pour animaux. C’est peu après avoir fait cette découverte que Church, le chat de la famille, se fait écraser par une voiture. Judd Crandall, le voisin des Creed amène alors Louis dans un lieu étrange. Un ancien cimetière indien qui aurait le pouvoir de ramener les morts à la vie. Le lendemain, Church refait bel et bien son apparition. Et si son apparence est à peu près la même, son comportement lui, a changé…

La Critique de Simetierre :

Simetierre est sans conteste l’un des livres les plus aimés de Stephen King. C’est aussi l’un des plus perturbants. Réflexion tétanisante sur le deuil, cette histoire de cimetière capable de ramener les morts à la vie en les changeant en sortes de créatures animées des pires intentions a déjà été adaptée au cinéma. C’est ainsi en 1989 qu’est sortie la première version, réalisée par Mary Lambert. Un film depuis devenu culte, adoré par les uns et conspué par les autres, lui aussi très effrayant, malgré des choix scénaristiques parfois éloignés du roman. Lambert s’était d’ailleurs aussi chargée de mettre en scène la suite, avec Edward Furlong, Anthony Edwards et Clancy Brown. Le nouveau film lui, s’envisage, comme bien souvent dans ce cas de figure, non pas comme un remake mais comme une relecture du classique de King. Alors qu’est-ce que ça donne ?

Simetierre-2019

La nuit des masques

Simetierre 2019, disons-le clairement, n’est ni aussi effrayant que le premier film et encore moins que le roman. En gros, on peut dire que les craintes soulevées par le trailer se confirment au sein de cet assemblage assez opportuniste et maladroit de clichés et autres clins d’œil au long-métrage de Mary Lambert, sous couvert d’un respect feint au matériau d’origine. Prenons par exemple cette scène, qui intervient en début de métrage, dans laquelle des enfants affublés de masques se rendent dans le cimetière pour animaux. Pourquoi portent-t-ils des masques un peu flippants ? Pour épater la galerie et pour nourrir une imagerie très fragile car totalement inutile à la poursuite du récit à aux thématiques qu’il est censé incarner. Et bien des effets plus ou moins farfelus et fantaisistes mais surtout parfaitement inutiles comme celui-là, le nouveau Simetierre en regorge. Un film en adéquation avec ce qui se fait aujourd’hui en matière de trip horrifique, censé tétaniser les foules mais pas trop non plus histoire de fédérer le plus grand nombre…

Le retour des morts-vivants

Il y a aussi les nombreux changements par rapport à l’histoire imaginée par King qui ne manquent pas de mettre un peu plus de plomb dans l’aile au film du duo Kevin Kölsch/Dennis Widmyer. Le principal étant d’avoir remplacé Cage, le bébé de la famille, par Ellie, sa grande sœur. Mais n’en disons pas plus au risque de spoiler les spectateurs qui n’ont pas lu le livre. Un changement quoi qu’il en soit important quant à la capacité de Simetierre de toucher au vif. Même si au fond, ce n’est pas tant le changement en question qui est à mettre en cause mais la façon dont le scénario l’orchestre. Même constat concernant les beaux-parents de Louis Creed, ici complètement oubliés ou presque. Et que dire de Zelda, la grande sœur de Rachel Creed, dont les évocations se montraient plus que traumatisantes dans le livre et la première adaptation, mais qui dans le cas présent, sombre rapidement dans un ridicule pour le moins fatal à une quelconque angoisse ? Pour résumer, globalement, Simetierre se concentre davantage sur la forme et oublie peu à peu le fond. Les réalisateurs ne manquent pas de bonnes idées et ont clairement les compétences pour les mettre en œuvre mais celles-ci ne concernent presque jamais véritablement l’histoire. On apprécie la photographie, quelques scènes s’avèrent assez inventives mais la machine tourne à vide. Plus le dénouement se rapproche et plus la crainte de voir Simetierre s’enfoncer dans les tréfonds d’une banalité sans pitié se font alors sentir. Et c’est précisément ce qui se passe : à la fin, le métrage finit par ressembler à n’importe quel truc de zombie ordinaire. Certes plus violent que la moyenne des films horrifiques sortis en salle ces dernières années, il est en revanche au moins aussi quelconque. Malgré les acteurs, investis, malgré la mise en scène donc et malgré le chat. Il est très bien lui, rien à dire…

En Bref…

Un bon gros coup d’épée dans l’eau… Simetierre 2019 n’est bien évidemment pas digne de l’excellent roman dont il s’inspire. Trop occupé à se regarder le nombril et à entasser des effets parfaitement inutiles (ridicules parfois) et encombrants, il sombre petit à petit dans une banalité qui finit par lui être fatale. Mieux vaut (re)voir l’excellente première adaptation.

@ Gilles Rolland

Simetierre-Church
Crédits photos : Paramount Pictures France
Par Gilles Rolland le 26 avril 2019

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