[Carnet noir] Le légendaire Robert Redford est mort

NEWS | 17 septembre 2025 | Aucun commentaire

Robert Redford était plus qu’un acteur. Plus qu’un réalisateur ou qu’un producteur. Plus que le créateur du festival du film de Sundance, qui a contribué à la naissance de grands cinéastes comme Darren Aronofsky et Quentin Tarantino. Non, Robert Redford était avant tout une légende. Presque une image d’Épinal à lui seul. L’incarnation de l’Amérique. D’une certaine Amérique.

Membre de la noblesse hollywoodienne, Redford, dont même le nom semblait renvoyer aux fondamentaux de l’histoire des États-Unis, a bâti son mythe a grands coups de classiques, grâce à son talent et à son visage imminemment charismatique, comme taillé à la serpe par un artiste qui se serait inspiré des canons de beauté de la Grèce Antique, ce petit côté rustre en prime, qui, tout du long, a fait une sacrée différence.

Avec Clint Eastwood, Robert Duvall, Sissy Spacek et une poignée d’autres, Robert Redford était l’un des derniers représentants d’une époque révolue. Un acteur qui, aujourd’hui, n’est plus, vu pour la dernière fois dans un film Marvel, qui, pendant toute sa carrière, s’est imposé dans une généreuse louche de classiques.

À titre personnel, je me souviens de lui dans Les Trois jours du Condor, Les Hommes du président, Brubaker, Et au milieu coule une rivière, L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, Le Dernier château, où il tenait tête à un autre géant disparu, James Gandolfini, All is Lost, où il tenait seul la barre, ou encore les émouvants et plus récents Randonneurs amateurs, Peter et Elliott le dragon et The Old Man and the gun. Redford était le Sundance Kid, Jeremiah Johnson, Jay Gatsby, Waldo Pepper, Julian Cook, Denys Finch Hatton ou encore Stephen Malley. Autant de rôles dans autant de films fondateurs, marquants, puissants… Un comédien à chefs-d’œuvre, qui a tenu bon sur six décennies, remettant régulièrement son titre en jeu face à la jeune garde. Une jeune garde qui aujourd’hui, le pleure, de concert avec les vétérans, qui voient partir l’un des leurs.

Par Gilles Rolland le 17 septembre 2025

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