[Critique série] BODYGUARD – Saison 1

SÉRIES | 11 janvier 2019 | Aucun commentaire
Bodyguard-saison1-poster

Titre original : Bodyguard

Rating: ★★★★☆
Origine : Royaume-Uni
Création : Jed Mercurio
Réalisateurs : Thomas Vincent, John Strickland.
Distribution : Richard Madden, Keeley Hawes, Sophie Rundle, Vincent Franklin, Paul Ready, Richard Riddell, Stuart Bowman, Pippa Haywood, Gina McKee…
Genre : Thriller/Drame
Diffusion en France : Netflix
Nombre d’épisodes : 6

Le Pitch :
De retour du front, David Budd a intégré les forces de la police britannique. Traumatisé par ce qu’il a vécu à la guerre, il tente par tous les moyens d’enfouir ses psychoses et de mener une vie de famille normale aux côtés de son épouse et de ses deux enfants. Un jour, alors qu’il voyage avec ces deux derniers dans un train, David parvient à déjouer de justesse une tentative d’attentat à la bombe. Ce qui lui vaut d’être réaffecté à la protection rapprochée de la Secrétaire d’État à l’intérieur. Une femme dont il ne partage pas du tout les convictions politiques, objet de la colère de ses opposants, dont certains évoluent à ses côtés dans le gouvernement…

La Critique de la saison 1 de Bodyguard :

On pourrait croire à première vue que Bodyguard est l’adaptation du film culte de Mick Jackson avec Kevin Costner et Whitney Houston. Bien heureusement, il n’en est rien et jamais, au cours des 6 épisodes de cette première saison, ne résonneront les notes de la chanson I Will Always Love You. Est-ce d’ailleurs pour justement bien nous faire comprendre que la série se situe à l’opposé du long-métrage éponyme que cette dernière commence avec une scène ultra tendue ? Peut-être, mais en tout cas, ça fonctionne, et Bodyguard de parvenir à clouer au fauteuil en quelques minutes. Mais qu’en est-il de la suite ?

Bodyguard-Richard-Madden

Dans la ligne de mire

Bodyguard met en scène Richard « Robb Stark » Madden, dans la peau d’un vétéran de guerre perclu de traumatismes, obligé de protéger une haute fonctionnaire du gouvernement, quand bien même il est en opposition totale avec les idées qu’elle défend. Un postulat classique mais ici parfaitement amené. Car si Bodyguard sait tenir la distance et offrir à intervalles réguliers des séquences fortes, il faut quand même souligner qu’elle est carrément brillante dans sa première moitié. Les trois premiers épisodes parvenant à bâtir un pur suspense digne des meilleurs thrillers du genre, à la croisée d’une puissante saison de 24 et du meilleur de séries britanniques plus intimistes comme Happy Valley. Car la force du show est de proposer de l’action mais aussi de faire valoir un aspect dramatique particulièrement travaillé. L’équilibre étant constant tout du long, à tel point qu’il est facile de s’attacher aux personnages, tant leurs failles et leur caractère tout sauf unilatéral permet de leur donner la consistante nécessaire.

Au service de sa Majesté

En première ligne, Richard Madden, par ailleurs récompensé d’un Golden Globe (mérité) pour sa performance, fait montre d’une belle capacité à la retenue et à la nuance. Son personnage incarnant l’essence même de la série, lui qui s’impose par la force mais qui est aussi défini par ses luttes psychologiques. Bodyguard fait valoir une tonalité proche des meilleures séries britanniques, s’écartant des canons américains pour coller à la réalité, tout en n’oubliant pas un certain aspect presque romanesque, parfait pour entretenir la tension et encourager notamment l’empathie. Et si Madden est impressionnant, c’est aussi le cas de Keeley Hawes, sa partenaire, elle aussi très douée dans sa propension à mélanger force et fragilité, ou encore de Sophie Rundle, dont on avait déjà pu apprécier le talent dans Peaky Blinders.

Bodyguard

Main de fer dans un gant de velours

Bodyguard monte souvent dans les tours, étonnant par son efficacité, mais sait aussi la jouer plus subtile, en laissant exister ses personnages principaux autrement que par le biais du rôle que le pitch leur a affecté dès le départ. L’intrigue quant à elle, offre des retournements de situations parfois bluffants, mais aussi, et c’est bien sûr plus regrettable, quelques ventres mous. Tout spécialement dans la deuxième moitié de la saison, quand l’étau se resserre et que le scénario se prend parfois un peu les pieds dans le tapis, voulant trop étoffer les choses, parfois inutilement ou tout simplement en empruntant des itinéraires un peu plus hasardeux. Le principal étant qu’à la fin, tout rentre dans l’ordre, avec un dénouement à la hauteur des enjeux qui laisse espérer une deuxième saison.

En Bref…
Nerveuse, tendue, parfois remarquable dans son écriture, mise en scène avec beaucoup d’énergie, la première saison de Bodyguard bénéficie également du talent de comédiens investis, Richard Madden en premier lieu. Pas de quoi hésiter en somme, foncez !

@ Gilles Rolland

Bodyguard-s1  Crédits photo : BBC/Netflix

Par Gilles Rolland le 11 janvier 2019

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