[Critique] BLEU D’ENFER

STARVIDEOCLUB | 6 juillet 2013 | Aucun commentaire

Titre original : Into the Blue

Rating: ★½☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : John Stockwell
Distribution : Paul Walker, Jessica Alba, Josh Brolin, Scott Caan, Ashley Scott, James Frain, Tyson Beckford…
Genre : Action/Aventure/Thriller
Date de sortie : 9 août 2006

Le Pitch :
Jared et Sam sont deux amants, vivant une vie rustique au cœur des Bahamas. Chaque jour, ils plongent dans les profondeurs de l’océan à la recherche de trésors cachés. Jared rêve de trouver une vraie épave, mais l’argent lui manque pour réaliser son projet, et pas question d’accepter l’aide de Derek Bates, son rival certes riche mais ayant recours à des méthodes anti-écologiques. Sa fiancée Sam, le console en attendant des jours meilleurs. Débarque alors Bryce, un avocat et vieil ami de Jared qui invite le couple dans une villa mise à sa disposition par un de ses clients. Lors d’une plongée, ils découvrent ce qui pourraient bien être une épave. Mais juste à côté se trouve la carcasse d’un avion, récemment abattu par la tempête, avec à son bord une cargaison de cocaïne qui promet une belle fortune…

La Critique :
La fin de ce film est fantastique, sans déconner. Des jolies filles qui brandissent des machettes, des balles, des fusils à harpons, des explosions, des meurtres, des méchants-surprise, des combats sous-marins, des poursuites en bateau, et même des attaques de requins… On dirait presque une liste écrite par Joe Bob Briggs. Si un calamar géant avait fait son apparition en plein milieu de ce joyeux bordel, ce serait parfaitement normal (et maintenant qu’on a prouvé que les calamars géants existent, il n’existe plus d’excuses à ce qu’aucun calamar géant n’apparaisse dans ce genre de film). Oui, il faut le dire : le dernier quart-d’heure de Bleu d’enfer compte parmi les meilleurs moments « soyons fous ! » d’une séquence d’action qu’on peut espérer trouver dans un film d’aventure océanique comme celui-ci.

Malheureusement, cette dernière quinzaine de minutes est précédée par presque 1h20 d’un film qui est vraiment, vraiment mauvais.

Venons-en aux faits : la plongée sous-marine, c’est fun. C’est un défi, un challenge. C’est la meilleure opportunité de visiter un nouveau monde sans pour autant le faire véritablement. C’est beau. Il y a beaucoup de choses à voir. Et vous n’êtes pas prêts d’oublier cette première bouffée d’air frais oxygéné sous la surface de l’océan. Et ainsi de suite.

Ceci étant dit, la plongée sous-marine n’est pas quelque-chose qui soit fun ou divertissant à l’écran, sauf si les plongeurs en question sont impliqués dans un combat (comme dans l’acte final génialissime de Thunderball), ou jouent le rôle de narrateurs, décrivant la vie aquatique diverse et variée qui les entourent comme dans un documentaire. Et même dans ces instants-là, les résultats sont souvent douteux. C’est l’une de ces lois filmiques du cinéma que des professionnels sont censés savoir, avant qu’ils ne s’amusent à faire des films pourvu d’un tel budget. Cela dit, pour une raison ou une autre, Bleu d’enfer choisit d’être constitué presque entièrement de séquences de plongée sous-marine. Dans le même endroit. Par les mêmes personnes. Encore, encore, et encore. Et encore. Et encore. Le tout accompagné par des mélodies du même album de techno bancal des Caraïbes qui était déjà soûlant la première fois.

Dire que Jessica Alba est belle et que Paul Walker est beau gosse est aussi gnomique que dire « le ciel est bleu » ou « deux et deux font quatre ». Ils jouent le rôle de Nos Héros ; c’est-à-dire, des rôles qui ont été écrits sur une fiche de calcul : deux prétendus chasseurs aux trésors d’une classe joyeusement ouvrière dans les Bahamas, qui vivent à un niveau de pauvreté qu’on ne retrouve que dans les livres de Charles Dickens, mais qui ont apparemment assez d’argent pour se permettre le best-of  des entraînements de muscu’ et de produits de beauté. Tous deux possèdent un physique digne d’une statue de marbre sortie de l’Antiquité grecque, bien entendu, mais également le même niveau de personnalité et d’émotion. En d’autres mots, ils savent très bien nager (et retenir leur respiration pendant une dizaine de minutes sans masque, aussi. Extraordinaire…). Mais esquisser un vrai sourire ? En voilà un défi qui est impossible à relever !

La plupart du film concerne des séquences longues, très longues, dans lesquelles la caméra sous-marine fait des panoramiques interminables sur une Jessica Alba perpétuellement habillée en bikini alors qu’elle tortille ses formes et son corps bronzé en pleine mer, apparemment pour tenter de prouver que même sa poitrine peut devenir lassante si rien d’autre ne se passe dans le film. Sinon, le reste du scénario cousu de fil blanc continue à se dérouler alors que Nos Héros sont rejoints par le pote rebelle de Walker (Scott Caan) et sa petite amie superficielle (Ashley Scott) pour encore plus de séquences de plongée à la recherche de trésors perdus. Et par pure coïncidence, ils tombent sur un avion récemment submergé avec des tonnes de cocaïne qui promettent une fortune.

Ainsi survient l’idée que quelqu’un a sans doute considéré comme un dilemme moral : que fera Walker, qui est tellement Un Mec Gentil qu’on le voit refuser du travail avec des plongeurs professionnels parce qu’il déteste leur hostilité envers l’environnement ? Est-ce qu’il écoutera son pote et vendra la coke pour financer l’excavation de l’épave contenant le trésor légendaire qui, selon ses convictions, se trouve juste à côté ? Ou tiendra-t-il compte des avertissements de sa copine Jessica Alba, en toute évidence la nana des plages la plus moralisatrice et vertueuse depuis Gidget, que la drogue, c’est maaaaaaaaaal ? Vous connaissez déjà les réponses. Mais oui, un baron de la drogue (qui n’est pas Tony Montana, bien évidemment) et ses acolytes sont également impliqués dans l’affaire ! Comment avez-vous deviné ?

Donc, en résumé, un duo insipide d’acteurs fadasses effectuent un photoshoot sous l’eau, puis quelqu’un se fait bouffer par un requin et quelque-chose se déchaîne. En cours de route, on apprend que la cupidité, c’est maaaaaaaaaal ; que la drogue, c’est très maaaaaaaaaal ; et que l’argent n’achète pas le bonheur. Parce que c’est maaaaaaaaaal.

À part le décolleté réputé d’Alba et un Josh Brolin en vacances, il n’y a rien à voir à l’horizon. Ou sous la surface. De toute façon, vous pouvez découvrir Alba dans Sin City, un film largement meilleur. Et si Sin City ne vous parle pas, peu importe. Au moins c’est un bon film de série B. Le seul B dans Bleu d’enfer, c’est celui qui se trouve dans le titre. La couleur du film. Le bleu.

@ Daniel Rawnsley

bleu-denfer-into-the-blueCrédits photos : 20th Century Fox

Par Daniel Rawnsley le 6 juillet 2013

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