[Critique] HOT FUZZ

STARVIDEOCLUB | 27 août 2013 | 1 commentaire
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Titre original : Hot Fuzz

Rating: ★★★★½
Origines : Angleterre/France/États-Unis
Réalisateur : Edgar Wright
Distribution : Simon Pegg, Nick Frost, Martin Freeman, Bill Nighy, Timothy Dalton, Jim Broadbent, Bill Bailey, Paddy Considine, Rafe Spall, Alice Lowe, Julia Deakin, Rory McCann, David Bradley, Steve Coogan, Peter Wight, Stephen Merchant, Robert Popper, Joe Cornish…
Genre : Comédie/Action/Policier/Saga
Date de sortie : 18 juillet 2007

Le Pitch :
Meilleur policier de Londres, Nicholas Angel fait carrément de l’ombre à ses collègues. Afin de l’éloigner de son service, son chef de brigade décide de le promouvoir et de l’expédier dans un petit village de la campagne anglaise où il ne se passe strictement rien. Une fois sur-place, Nicholas Angel se heurte au calme ambiant et ronge son frein en collant quelques contraventions en compagnie de son nouveau co-équipier Danny, un fan absolu de films d’action américains. Quand une série de meurtres suspects secoue le village, Nicholas Angel voit enfin une occasion de replonger à pieds joints dans l’action…

La Critique :
Après les zombies, voici venu le temps des super flics ! Après l’horreur, place à l’action ! Le trio de Spaced, à savoir le réalisateur Edgar Wright et les comédiens Simon Pegg et Nick Frost sont de retour après Shaun of the Dead, leur premier film commun et à nouveau, le résultat donne envie de sauter au plafond. À l’époque de la sortie du film, en 2007, le grand public connait les trois larrons, grâce au succès de Shaun of the Dead et sait qu’il y a de grandes chances que leur « parodie » des films d’action phares des années 70/80/90 vaut plus qu’un détour rapide. De plus, Simon Pegg a fait du chemin, déjà présent dans une grosse franchise (Mission : Impossible 3). On sait un peu plus à quoi s’attendre, même si le phénomène n’est pas encore comparable à ce qu’il devenu aujourd’hui. À l’heure de la publication de cet article, alors que The World’s End, leur nouveau film, s’apprête à débouler dans les salles, le nombre des fans du trio a largement enflé, bien aidé par les multiples diffusions sur la TNT de Shaun of the Dead et de Hot Fuzz. On attend Pegg, Wright et Frost au tournant, de manière bienveillante, car au fond, il y a peu de chances que ces derniers se montrent décevants.

Afin de préparer Hot Fuzz, qui se voulait donc un hommage plus qu’une parodie au sens strict du terme, des monuments du cinéma d’action burné, Edgard Wright, Simon Pegg et Nick Frost se sont procurés 200 films qu’ils considéraient comme nécessaires afin de commencer le processus d’écriture du scénario. Principalement écrit par Pegg et Wright, le script est ainsi issu de sessions de visionnage intenses, devant des métrages comme Die Hard, L’Arme Fatale, Le Dernier Samaritain, 48 Heures, Police Fédérale Los Angeles et bien sûr Point Break et Bad Boys 2, qui se retrouvent au final au centre de Hot Fuzz, occupant une place de choix dans la collection de DVD du personnage de Nick Frost. Personnage qui cristallise d’ailleurs les nobles intentions de l’œuvre par le biais de sa passion sans borne pour les super flics (et surtout les super duos de flics) du cinéma américain.
À l’instar de nombre de films qui ont vu le jour avant et depuis sa sortie, Hot Fuzz ne se moque pas de ses modèles, où du moins pas de manière directe et putassière. Chaque scène faisant référence à un film, lui rend hommage et nourrit l’intrigue intelligemment. Par exemple, le fait que Nicholas Angel ne se sépare pas de sa plante verte est un clin d’œil à Léon, mais pas seulement. La plante symbolise la solitude d’un homme que les aptitudes professionnelles exceptionnelles ont transformé en pariât au sein de son propre service. Idem pour le passage où Nick Frost reproduit à l’identique la séquence de Point Break qui voit Keanu Reeves tirer plusieurs coups de feu en l’air. Des références, Hot Fuzz en regorge et chacune sont parfaitement digérées, parfaitement assimilées et retranscrites avec un amour du genre doublé d’une capacité absolument fantastique au recyclage intelligent.

Car non loin de se reposer entièrement sur ces dites-références, Hot Fuzz est en lui-même un film d’action policier de haute-volée. Tout comme Shaun of the Dead s’avérait être un excellent film de zombies. Là est l’essence même du génie de la démarche artistique d’Edgar Wright et de ses deux compères : réaliser des films de genre, tournés vers leurs aînés, mais également tout à fait valables en eux-mêmes. En cela, si un type qui n’a pas vu un seul des longs-métrages auxquels Hot Fuzz fait référence, pourra tout à fait prendre son pied à la vision de ce policier buriné et de plus très drôle.

Edgar Wright est un réalisateur formé à la télévision, via la série Spaced, élaborée avec Simon Pegg et l’actrice Jessica Stevenson. Son style est vif, nerveux et tout à fait compatible avec les exigences d’un bon film d’action. Il comprend les codes et sait les traduire à l’écran à merveille, en les positionnant avec un contexte qui fait la part belle à la fusion du spectaculaire pyrotechnique et des vannes et autres situations cocasses. Hot Fuzz n’est en rien un film opportuniste. Si Shaun of the Dead traitait des zombies, ce n’était pas un hasard, et ce n’en est pas un si Hot Fuzz mitraille à la façon des buddy movies des années 80. Idem pour The World’s End et les trip d’invasions extraterrestres. Les trois drilles parlent de ce qu’ils connaissent et de ce qu’ils aiment. Et ça, mesdames et messieurs, ça fait toute la différence !

On est ici devant un vrai film de famille. On retrouve des têtes connues, tel Martin Freeman, Bill Nighy ou Bill Bailey. Versant volontiers dans l’auto-citation, Hot Fuzz rattache les wagons avec Shaun of the Dead et dessine les contours de ce qui sera amené à devenir la Cornetto Trilogy. Porté par un soucis du détail hallucinant, jusque dans sa bande-originale (les morceaux qui accompagnent les meurtres font référence à la manière dont la victime a péri).
Les acteurs quant à eux sont formidables, Simon Pegg profitant pour explorer une facette inédite en campant un action man tout à fait crédible et Nick Frost un sidekick moins crétin qu’il veut bien le laisser croire.

Film d’action spectaculaire, aux gun fights tendus et décomplexés, et comédie brillante aux dialogues ciselés, Hot Fuzz traite aussi de l’amitié. Celle qui unit les deux personnages principaux, et qui renvoie à celle qui lie le réalisateur et ses acteurs. Celle qui donne au film son épaisseur et sa personnalité. Et peu importe si, en cours de route, Hot Fuzz s’essouffle un peu dans son intrigue aux trop nombreux tiroirs, car il sait retomber sur ses pattes avec audace. Du grand art à nouveau.

@ Gilles Rolland

Hot-Fuzz-photo-promoCrédits photos : StudioCanal

Par Gilles Rolland le 27 août 2013

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