[Critique] AU TEMPS DE LA GUERRE DES ÉTOILES

STARVIDEOCLUB | 25 décembre 2017 | Aucun commentaire
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Titre original : The Star Wars Holiday Special

Rating: ★★½☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Steve Binder
Distribution : Peter Mayhew, Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Anthony Daniels, Kenny Baker…
Genre : Science-Fiction/Aventure/Comédie
Date de sortie : 1er janvier 1980 (télévision)

Le Pitch :
Han Solo et Chewbacca tentent d’échapper à des destroyers de l’Empire afin de rentrer à temps sur Kashyyyk, la planète de Chewbacca, pour fêter la Journée de la vie, l’équivalent Wookie de Noël. Luke Skywalker, la Princesse Leia, C-3PO et R2-D2 sont aussi attendus à la fête…

Film dans son intégralité :

La Critique de Au Temps de la Guerre des Étoiles :

Il y a bien longtemps, dans une galaxie pas si lointaine, sur la planète Terre, quelque-part en Californie, George Lucas savourait le succès monstre de La Guerre des Étoiles, le premier film d’un plan que le réalisateur avait déjà établi et qu’il comptait bien mettre à exécution au plus vite. Lucas qui, en dehors du fait qu’il était évident qu’il fallait que L’Empire Contre-Attaque, le second volet de sa saga interstellaire, arrive sur les écrans sans tarder, désira offrir aux fans une petite friandise de Noël, histoire de les faire patienter et de tabler sur la popularité de personnages naissants mais déjà incontournables… Ainsi est né Au Temps de la Guerre des Étoiles, ou, en version originale, le Star Wars Holiday Special. Un film d’un peu plus d’1h30, dont l’action se déroule en marge des considérations de La Guerre des Étoiles, principalement destiné aux familles et plus spécialement aux enfants, déjà la cible d’un réalisateur ambitieux qui, pour le coup, s’est un peu pris les pieds dans son propre tapis…

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Le réveil de la force de Noël

Quand Au Temps de la Guerre des Étoiles fut diffusé, les critiques furent désastreuses. George Lucas avait pourtant réussi à convaincre les acteurs phares du premier volet, à savoir Harrison Ford, Carrie Fisher, Mark Hamill, Peter Mayhew, Anthony Daniels et Kenny Baker, ainsi que Steve Binder, un réalisateur spécialisé dans la production télévisuelle. Il avait même participé à l’écriture du scénario. Mais rien n’y fit et lui-même considéra vite ce téléfilm torché à la va-vite comme une véritable aberration digne de finir ses jours le plus loin possible du regard des fans qui ne furent pas tendres non plus. Lucas décida donc de tenter de faire disparaître cet Holiday Special et il y parvint. Mais parmi ceux qui regardèrent le programme sur CBS en cette année 78, beaucoup l’enregistrèrent et firent entrer ce dernier dans des archives publiques, qui devinrent accessibles à tous au moment de l’avènement d’internet. Si bien qu’Au Temps de la Guerre des Étoiles échappa rapidement au contrôle de Lucas et se retrouva en libre consultation sur YouTube, où il coule toujours actuellement des jours heureux. Et si le film n’a jamais vraiment été considéré comme faisant partie de l’univers Star Wars, il constitue pourtant le tout premier spin-off de la saga (basé en grande partie sur Chewbacca), avant les deux films sur les Ewoks, avant Rogue One et avant bien sûr Solo, le film qui devrait sortir en 2018 et qui nous contera les aventures d’un jeune Han Solo avant sa rencontre avec la famille dysfonctionnelle Skywalker.
Mais sinon, que vaut vraiment Au Temps de la Guerre des Étoiles ?
Autant le dire tout de suite, difficile de ne pas se rallier au consensus général et de ne pas considérer cette vaine tentative à la ramasse comme un navet intégral. Cela dit, Au Temps de la Guerre des Étoiles n’est pas un méchant navet. C’est un gentil navet. Le genre qui se regarde comme d’un rien, qui passe comme une lettre à la Poste, qui peut faire rire et qui au fond, à plus forte raison aujourd’hui, à l’heure de l’orgie 2.0 de Star Wars, peut se poser comme l’expression d’une naïveté pour le moins touchante, qui ne pourrait plus être possible maintenant que l’empire est devenu si énorme.

Wookie chantant

Avec ses effets-spéciaux totalement ratés, y compris pour l’époque, ses chansons surréalistes et ses personnages en carton, à commencer par tous les membres de la famille de Chewbacca, cet épisode de Noël fait bien piètre figure à côté d’Un Nouvel Espoir, de L’Empire Contre-Attaque ou du Retour du Jedi. Mais au fond, c’est aussi cela qui contribue à son « petit » charme. Parce qu’il est réalisé comme un épisode de sitcom quelconque, qu’il est écrit avec les pieds et surtout parce qu’il détourne des personnages hyper iconiques pour les placer dans des situations improbables, Au Temps de la Guerre des Étoiles constitue une curiosité particulièrement acidulée qui caractérise à la fois l’ambition parfois complètement aux fraises de Lucas et l’état d’esprit d’une industrie qui savait malgré tout laisser la part-belle à une naïveté qui aujourd’hui peine vraiment à exister en dehors des circuits indépendants. Rien de cynique là-dedans. Juste un bon gros ratage plein de générosité, inoffensif et amusant.
Car il faut le voir pour le croire ! Voir Harrison Ford, la future star du siècle, évoluer aux côtés d’une Carrie Fisher étonnamment à l’aise et d’un Mark Hamill méconnaissable (il venait d’avoir un grave accident et de subir des opérations de reconstruction faciale), avec Chewbacca en premier plan et des apparitions de C-3PO, R2-D2 et Boba Fett (pour la première fois à l’écran), a quelque chose d’étrangement savoureux. Y compris quand le film se transforme en dessin-animé. Le summum étant atteint quand Carrie Fisher se lance dans un numéro musical final en forme de cerise sur le gâteau.
En France, c’est TF1 qui a eu l’insigne honneur de diffuser ce Star Wars pas comme les autres. Deux ans après les États-Unis, en 1980, les petits frenchies découvrirent avec stupeur ce spectacle hors du temps et de l’espace, qui bizarrement, cristallise une magie que beaucoup n’ont pas retrouvée dans les nouveaux volets de la franchise. À moins qu’il ne s’agisse que d’un nanar de plus… Mais difficile de nier que le simple fait qu’il existe suffit à le rendre intéressant.

En Bref…
Sympathique navet, Au Temps de la Guerre des Étoiles n’a pratiquement rien pour lui formellement et scénaristiquement parlant, si ce n’est sa façon de mettre en avant une naïveté probante qui contribue à le rendre attachant. D’autant plus à l’heure où Star Wars est plus énorme que jamais, intouchable au-dessus de tous et, malgré toutes les qualités des productions récentes, beaucoup plus lisse que jadis… 

@ Gilles Rolland

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Par Gilles Rolland le 25 décembre 2017

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