[Critique] AMERICAN NIGHTMARE 3 : ÉLECTIONS

CRITIQUES | 19 juillet 2016 | Aucun commentaire

Titre original : The Purge : Election Year

Rating: ★½☆☆☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : James DeMonaco
Distribution : Frank Grillo, Elizabeth Mitchell, Mykelti Williamson, Joseph Julian Soria, Betty Gabriel, Edwin Hodge…
Genre : Horreur/Thriller/Suite/Saga
Date de sortie : 20 juillet 2016

Le Pitch :
Alors que l’Amérique se prépare à vivre une nouvelle nuit de purge, où tous les délits, y compris le meurtre, sont exceptionnellement légaux, la sénatrice Roan affronte durant un débat le pasteur Owens, son principal rival dans la course à la présidentielle. Fermement opposée à la Purge, cette dernière ne se doute cependant pas que ses opposants, les Nouveaux Pères Fondateurs, comptent bien profiter de cette nuit pour l’éliminer, et avec elle le vent de protestation qui met en péril leurs projets. Heureusement, la sénatrice pourra compter sur Leo, son fidèle garde du corps, pour surveiller ses arrières. Néanmoins, la nuit sera longue…

La Critique :
Le postulat d’American Nightmare a quelque chose d’extrêmement effrayant. Dès le premier volet, mais plus spécifiquement avec le second, James DeMonaco, l’homme derrière la saga, orchestrait en effet une sorte d’extrapolation hardcore de la lutte des classes dans une Amérique prise en étau entre sa soif d’ultra-violence et son puritanisme. Entre d’autres mains, celles d’un George A. Romero au sommet de sa gloire ou d’un John Carpenter en pleine forme par exemple, un tel pitch aurait probablement donné naissance à un brûlot hyper virulent et pertinent. Avec DeMonaco, les choses sont différentes en cela que le cinéaste est toujours resté à la surface de son sujet pour n’en tirer qu’un spectacle brutal sans réelles implications politiques. D’un huis-clos, le metteur en scène est passé à une course-poursuite nocturne pour ensuite, avec ce troisième volet, venir vraiment embrasser des velléités plus concernées, en remontant jusqu’aux plus hautes sphères de l’état, où se trouvent les Nouveaux Pères Fondateurs. Ceux-là même qui sont responsables de la purge et qui en profitent pour tuer tous les ans les plus pauvres pour s’enrichir au passage. On était alors en droit d’espérer un peu plus de consistance tout en attendant néanmoins un trip sauvage dans la lignée du numéro 2, à savoir probablement le meilleur du lot. Surtout avec le retour de Frank Grillo, le héros du volet précédent.

American-Nightmare-The-Purge-3

Malheureusement, force est de constater que si American Nightmare 3 se démarque, c’est surtout tragiquement par sa propension à jouer la redite et à faire du sur place. Après une courte introduction qui met en exergue une écriture à l’arrache qui ne cherche qu’à trouver de multiples prétextes pour toujours nous livrer le même genre de spectacle, le film rentre dans le vif du sujet. Cette fois-ci, Grillo n’est plus dans les rues à la recherche d’un mec qu’il veut buter comme dans le 2, mais aux côtés d’une sénatrice désireuse de se faire élire à la présidence du pays pour arrêter la Purge. On s’en doute, la situation va vite déraper et Grillo de devoir prendre les armes pour repousser les hordes de psychopathes afin d’éviter à sa patronne de se faire découper menu au nom d’une idéologie malsaine.
Le discours pseudo-politique de cette nouvelle suite ne vole pas bien haut. Néanmoins, il arrive quand même à sonner avec une prétention totalement hors sujet vu le résultat à l’écran. Un comble. Le problème venant encore une fois d’une écriture au ras des pâquerettes, qui force en plus les acteurs à surjouer comme des brutes épaisses, à l’image des Nouveaux Pères Fondateurs, campés par des comédiens en roue libre. À commencer par le pasteur, complètement aux fraises, à l’opposé d’une Elizabeth Mitchell démissionnaire, elle qui interprète la sénatrice, avec un manque de conviction flagrant. Quoi qu’il puisse lui arriver, elle n’aligne que deux expressions et n’aide franchement pas à donner de l’épaisseur à un discours ambitieux dans l’idée, mais totalement transparent dans les faits.
Si American Nightmare 2 reste l’épisode qui fonctionne le mieux, c’est tout bonnement car c’est celui qui offre le spectacle le plus maîtrisé et le plus cohérent. Pour son troisième tour de piste, James DeMonaco a fait l’erreur fatale de mettre son héros (Frank Grillo) en sourdine, au bénéfice d’autres intervenants aussi inintéressants que gonflants. Grillo tabasse bien deux ou trois types mais c’est tout. Il se fait blesser dès le début et se traîne tout du long en pissant le sang. L’intrigue est bloquée sur un rond-point, refuse de prendre des risques, tourne au ridicule (les personnages ont parfois des réactions complètement débiles) et DeMonaco nous ressort encore et toujours les mêmes mécanismes sur lesquels la rouille a déjà fait son œuvre. Sa mise en scène, en plus, apparaît parfaitement désuète. Riche en ralentis, elle est parfois illisible, la photographie est trop sombre et hormis quelques séquences, rien ne vient vraiment relever la sauce. On finit par s’ennuyer ferme, même si la violence est au rendez-vous et malgré deux ou trois petits trucs qui contribuent à sauver quelques meubles du désastre. Au niveau de la violence d’ailleurs, on peut dire qu’American Nightmare 3 n’a pas mis de l’eau dans son vin. Mais tout ceci apparaît quand même avec trop de vacuité. Le film nous balance des scènes hyper sauvages un peu gratuitement. Leur impact étant amoindri par la tournure d’une intrigue qui se pare d’intentions bien trop grandes pour la faible implication des artisans en place. En gros, que ce soit les acteurs ou le réalisateur, tout le monde semble s’en foutre. Du coup, fatalement, nous aussi…

@ Gilles Rolland

American-Nightmare-3-The-Purge-3-Grillo  Crédits photos : Universal Pictures International France

Par Gilles Rolland le 19 juillet 2016

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