[CRITIQUE] CAPTAIN AMERICA : BRAVE NEW WORLD
Titre original : Captain America : Brave New World
Rating: 




Origine : États-Unis
Réalisateur : Julius Onah
Distribution : Anthony Mackie, Danny Ramirez, Harrison Ford, Tim Blake Nelson, Shira Haas, Giancarlo Esposito…
Genre : Science-Fiction/Action/Fantastique/Adaptation/Suite/Saga
Durée : 1h58
Date de sortie : 12 février 2025
Le Pitch :
Fraîchement élu au poste de Président des États-Unis, Thaddeus Ross entreprend son nouveau grand projet, à savoir mettre la main sur l’adamantium, la matière la plus solide de l’univers, découverte au cœur de l’île Céleste, apparue au cours du combat des Éternels, des années plus tôt. De son côté, Sam Wilson, alias le second Captain America, tente de s’imposer en arrêtant un trafiquant qui s’avère lié à l’adamantium. Un super-héros qui va se retrouver face à plusieurs ennemis, dont un particulièrement inattendu…
La Critique de Captain America : Brave New World :
La calamiteuse Phase 5 du MCU touche à sa fin avant le retour de Robert Downey Jr., non pas en Iron Man revenu d’entre les morts mais en Doctor Doom, ou Docteur Fatalis en français. Car oui, il faut comprendre Kevin Feige, le grand boss du MCU. Visiblement, le public en a un peu marre des super-héros et ceux qui sont restés regrettent l’âge d’or des premiers Avengers, qui, il est vrai, avaient quand même un peu plus de gueule que ceux qu’on doit se coltiner maintenant. Captain America en premier lieu d’ailleurs, tant Sam Wilson s’impose de film en série comme une sorte de version AliExpress de Steve Rogers. Un personnage qui figure parmi les plus fadasses du MCU, aujourd’hui au centre d’un nouveau long métrage censé introduire la suite. Malheureusement, ce qu’il introduit surtout, c’est plutôt un ennui poli, relatif à son histoire majoritairement anecdotique et à des promesses pas vraiment tenues.
Rouge de rage
Toute la promo de Captain America : Brave New World a été bâtie sur Red Hulk. Un personnage que l’on voit finalement très peu, juste à la fin, à l’occasion d’un combat certes sympathique mais dénué d’enjeux. La faute à un scénario qui, à l’instar de celui de la série soporifique Falcon et le Soldat de l’Hiver peine à tenir non seulement debout mais aussi à raconter ne serait-ce que le début d’une histoire intéressante. Autant dire que tous ceux qui ont pris leur billet pour voir du Red Hulk ont dû être déçus…
Rétropédalage
Brave New World s’impose comme une sorte de remake méchamment feignant et ultra light du très solide Captain America : le Soldat de l’Hiver. Il tente aussi de raccrocher les wagons avec Les Éternels, le Marvel que tout le monde (y compris les gars de chez Marvel) avait oublié, pour commencer à introduire les X-Men, qui, on le sait, ne vont pas tarder à arriver dans le MCU, après les 4 Fantastiques, quant à eux prévus pour l’été 2025. Oui, car la grosse statue qui émerge à la fin des Éternels, que nous n’avions pas revu depuis, comme s’il était possible d’ignorer un truc de la taille de l’archipel d’Hawaï, refait ici son apparition. Appréciez l’enfumage ! Le film nous explique que de l’adamantium, le métal super balèze qui recouvre le squelette de Wolverine dans X-Men, a été découvert dans la roche de l’île et que forcément, tout le monde veut se l’approprier. Un prétexte un peu trop pratique pour ramener Thaddeus Ross, le général autrefois incarné par feu William Hurt et aujourd’hui campé par Harrison Ford. Un Ross désormais capable de se changer en Red Hulk quand il est énervé, à cause d’un super méchant qui… Oubliez tout ça, car au fond, on s’en fout un peu. Et c’est bien ça le problème… À l’image d’Harrison Ford, logiquement peu investi, dont le visage trahit un désintérêt manifeste.
Faucon, faux Hulk

Et d’ailleurs… Voir Harrison Ford se fâcher tout rouge évoque aussi indirectement le sabordage royal dont Hulk, le vert, a été victime. Il est plutôt amusant de voir que le film évoque les événements du film L’Incroyable Hulk de 2008, dans lequel Edward Norton incarnait le personnage. Une façon peut-être de tenter de faire oublier qu’entre temps, non content d’avoir pris les traits de Mark Ruffalo, excellent acteur au demeurant, le monstre vert s’est retrouvé dans une embuscade fatale qui lui a fait perdre 95 % de son charisme. Si vous en doutez, c’est que vous n’avez manifestement pas vu l’atroce série She-Hulk. Une série qui a donc eu la peau de Hulk en le ridiculisant, et qui a même bien failli nous flinguer Daredevil, quant à lui un peu miraculeux car de retour dans la série Daredevil : Born Again qui, malgré un démarrage un peu mou, s’avère tout de même plus stimulante que tous les derniers films Marvel réunis.
Le problème Marvel
Quand même un peu plus maîtrisé et surtout moins con que le bordélique The Marvels, Captain America : Brave New World reste très anecdotique. Un divertissement calibré, qui n’offre aucune véritable surprise, posé sur les épaules d’un personnage qui n’a clairement pas la carrure nécessaire pour le job. Malgré toute la bonne volonté (évidente) d’Anthony Mackie.
Réalisé sans génie par Julius Onah, le type derrière The Cloverfield Paradox, Brave New World s’avère de plus très classique dans son approche. Sans prendre de risque, avec sa mise en scène passe partout, ses dialogues en pilotage automatique et ses bastons calquées sur les Captain America précédents, ce film illustre encore et toujours l’impuissance actuelle de Marvel. Espérons que l’arrivée prochaine des 4 Fantastiques relance la machine car pour le moment, force est de constater que le MCU fait bien pâle figure… Et encore, je ne parle pas des personnages sacrifiés, comme le nouveau Falcon, Ruth Bat-Seraph (la nouvelle Black Widow ?) ou encore Isaiah Bradley, un super-soldat aperçu dans Falcon et le Soldat de l’Hiver… Un peu comme si Marvel avait décidé de ne plus chercher à prendre de risque (ce qui n’était pas vraiment la spécialité de la firme au départ) mais plutôt de réadapter et de maquiller les anciennes idées ayant fait leurs preuves.
En Bref…
Plus anecdotique que véritablement mauvais, globalement inintéressant, de facture classique et sans de solides enjeux, ce Captain America met surtout en évidence le fait que Marvel, et bien c’était mieux avant…
@ Gilles Rolland

