[Critique] FAST AND FURIOUS 9

CRITIQUES | 16 juillet 2021 | Aucun commentaire
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Titre original : Fast and Furious 9

Rating: ★★★☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Justin Lin

Distribution : Vin Diesel, Michelle Rodriguez, Jordanna Brewster, John Cena, Vinnie Bennett, Finn Cole, Tyrese Gibson, Ludacris, Nathalie Emmanuel, Sung Kang, Charlize Theron, Helen Mirren, Lucas Black, Kurt Russell, Shea Whigham, Michael Rooker…

Genre : Action/Suite/Saga

Durée : 2h23

Date de sortie : 14 juillet 2021

Le Pitch :

Alors qu’ils coulent des jours heureux coupés du monde, Dom et Letty sont sollicités par les leurs afin de retrouver un mystérieux appareil tombés entre les mains d’un groupe terroriste. Tout d’abord peu enclin à retourner au cœur de l’action, Dom change rapidement d’avis quand il s’aperçoit que Jakob, son petit frère, travaille pour l’organisation à la base du vol…

La Critique de Fast and Furious 9 :

Autrefois réservé aux afionados de voitures rabaissées et autres ailerons surdimensionnés peints en fluo dégueulasse, Fast and Furious s’est brutalement transformé, à partir de son superbe cinquième volet, en grosse saga d’action totalement décomplexée riche en bastons dantesques. Une franchise ayant garé les bagnoles customisées à outrance pour se concentrer sur autre chose et devenir une sorte de déclinaison furieusement déviante de James Bond.

Repoussé de plus d’un an pour cause de pandémie, Fast and Furious 9 est enfin parvenu à se frayer un chemin jusqu’à nous. Un film attendu, redouté par certains, qui, on ne va pas se mentir, est une déception. Même s’il offre aussi de quoi s’amuser…

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Orgie mécanique

Avec les années, la saga Fast and Furious s’est donc caractérisée par son goût des cascades complètement délirantes et autres bourrineries parfaitement agencées au sein d’histoires plus ou moins tirées par les cheveux. Finalement, seul le 5, toujours le meilleur à l’heure actuelle, parvenait à encore sonner avec un minium de crédibilité. Les suivants ayant abandonné cette volonté de respecter une quelconque logique, y compris celle de la gravité, pour nous emmener le plus loin et le haut possible. Néanmoins, jusqu’ici, malgré les sous-marins, les chutes de falaises et autres chocs frontaux capables de réduire en miettes n’importe quel être humain normalement constitué, Fast and Furious avait su trouver un équilibre. Son équilibre. Un équilibre que Fast and Furious 9 fout royalement en l’air…

Le huitième volet laissait déjà planer le doute quant à la capacité de la franchise à repousser sans cesse ses propres limites sans dénaturer son essence. Pour autant, l’histoire parvenait à donner une certaine légitimité aux scènes d’action, y compris concernant celle avec le sous-marin donc. Le neuvième volet lui, fait globalement n’importe quoi. Juste pour aller plus vite, plus loin, et plus haut parfois aussi. En d’autres termes, Justin Lin, de retour derrière le volant, en fait des tonnes sans parvenir toujours à justifier ses choix. Car c’est bien beau de placer les héros face à des situations a priori inextricables… mais encore faut-il rendre les résolutions des dites-situations un tant soit peu logiques. Sinon, ça part dans tous les sens et au final, on ne va nulle-part.

Alors bien sûr, on apprécie de voir les personnages faire n’importe quoi mais quand c’est trop c’est trop. Comme quand les comiques de service Roman et Tej se retrouvent au centre d’une séquence pour le coup tellement débile qu’elle en devient inintéressante… Et pourtant, on parle tout de même de Fast and Furious, soit une franchise totalement à en roue libre. Ici, clairement, l’excès, sous toutes ses formes, ne paye plus vraiment. Le déferlement assez vain de Lin nous poussant à nous demander si la saga n’a pas atteint son point de rupture avec ce nouvel épisode…

Dominic Toretto origins

Et puis il y a Dom. Le chef de famille. Le daron qui boit de la Corona en gonflant ses biceps. Dom dont le règne est depuis longtemps mis en danger. Depuis l’arrivée de Dwayne Johnson précisément. Le Rock ayant à lui seul redynamisé la saga. Il n’est d’ailleurs pas étranger au fait que Fast 5 reste le meilleur du lot. Puis c’est Jason Statham qui est venu mettre un coup de fouet. Sa présence ayant contribué à faire du septième volet un excellent opus bien débile mais ô combien réjouissant. Les deux sont désormais partis vers d’autres horizons via Hobbs & Shaw, un spin-off montré du doigt par le noyau dur de la famille Diesel. Vin s’est brouillé avec Johnson, Statham continue de graviter autour de la saga mais n’a pas été invité au neuvième épisode et aujourd’hui, papa Diesel entend bien réaffirmer son leadership.

Preuve en est, le bad guy : les scénaristes ont trouvé un frère à Dom. L’occasion d’inclure John Cena, un autre ancien catcheur. Sauf qu’ici, tout est fait pour que l’acteur ne fasse pas de l’ombre à Diesel. On le voit finalement assez peu, il ne semble jamais représenter une vraie menace et, à l’instar de Shaw, on comprend aussi rapidement qu’il n’est pas si méchant.

Dominic Toretto Rising

Via plusieurs flashbacks visant à nous expliquer la relation de Dom et de son frangin, le film recentre à mort son attention sur Vin Diesel, qui redevient le patron. Et à nouveau, autour de lui, personne n’arrive à exister avec assez de consistance pour apporter une quelconque valeur ajoutée au film. Charlize Theron fait de la figuration, Helen Mirren passe une tête, s’amuse un peu au volant d’une voiture de sport et repart, Kurt Russell fait coucou, Lucas Black, le héros de Tokyo Drift est aussi de la partie, Jordana Brewster assiste à la réunion de famille et Sung Kang revient dans la partie. Et oui, car Han, comme nous le promettait le trailer, revient à la vie. Enfin pas tout à fait non plus car il n’était pas mort. Mais vu que le personnage ne sert à rien, on s’en fout assez rapidement. Ici, seul Dom compte. Seul Vin Diesel peut gonfler les pecs. Un acteur qui n’a plus que Fast and Furious pour exister (l’échec de Bloodshot nous l’a encore prouvé), qui, malgré des qualités évidentes, se complaît dans un personnage qu’il interprète sans forcer, à grand renfort de sourires en coin et autres tics censés nous faire comprendre qu’il est triste/content/énervé/ému.

Et l’histoire ? La famille doit récupérer un truc capable de détruire la planète, bla bla bla rien de nouveau et puis on s’en fout car à force d’essayer de nous faire croire que c’est compliqué et bien le film nous perd. Si le 7 parvenait à se montrer émouvant, Si quelques fois la saga est parvenu à brillamment allier les excès et la jubilation de scènes possédant de solides enjeux. Si jadis la présence de personnages forts permettait à Diesel de se remettre en question pour pleinement exister au sein de sa propre saga, Fast and Furious 9 part dans toutes les directions et tente de noyer le poisson sous un déluge pyrotechnique sans voir qu’il s’engage dans une voie de garage.

En Bref…

Oui le spectacle reste divertissant et parfois carrément réjouissant. Oui la mise en scène est puissante et lisible et oui le film n’est jamais meilleur que lorsqu’il se concentre sur l’action pure et décomplexée. Malheureusement, ce neuvième volet souffre de trop de baisses de régime et se base sur une écriture bien trop bancale pour convaincre. Après un huitième épisode à la limite de l’overdose, la saga tente d’aller encore plus loin mais se perd dans ses excès, brisant le fragile équilibre sur lequel elle reposait jusqu’alors. Et puis force est de reconnaître que l’absence de Dwayne Johnson et Jason Statham se fait quand même cruellement sentir. Sans autre coq dans la basse -cour pour remettre en question son leadership, Vin Diesel ne sait que bomber le torse sans raison et tourne ainsi un peu à vide…

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : Universal Pictures France
Par Gilles Rolland le 16 juillet 2021

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