[CRITIQUE] LE SAMARITAIN

CRITIQUES | 27 août 2022 | Aucun commentaire
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Titre original : Samaritan

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Julius Avery

Distribution : Sylvester Stallone, Javon Walton, Pilou Asbæk, Martin Starr, Dascha Polanco…

Genre : Action/Fantastique

Durée : 1h40

Date de sortie : 26 août 2022 (Prime Video)

Le Pitch :

Sam, un garçon de 13 ans, est persuadé que son voisin, ce vieil homme taciturne et mystérieux, est le Samaritain, un super-héros disparu depuis plus de 20 ans à la suite d’un terrible affrontement avec Nemesis, un super-méchant. Quand la ville sombre dans le chaos sous l’impulsion d’un criminel désireux de reprendre à son compte les plans de Nemesis, Sam cherche à persuader son héros de reprendre du service…

La Critique de Le Samaritain :

Mis en route par la MGM en 2019, rapidement rattaché à Balboa, la boite de production de Sylvester Stallone, Le Samaritain a bouclé son tournage fin 2020 après une pause imposée par la pandémie de Covid-19. Comme de nombreux films produits durant cette période difficile, le film a ensuite vu sa sortie repoussée pour finalement se voir privé d’une présentation en salle au profit d’une sortie sur Prime Video. Ceci étant dit, Le Samaritain, qu’est-ce que ça vaut ?

Plein la gueule

Joe Smith, ce vieil homme un peu ermite sur les bords, porte sur son visage les stigmates d’une vie difficile. Cabossée, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, il passe son temps à réparer de vieux objets afin de leur donner une seconde vie. Pour Sam, son jeune voisin, Joe n’est pourtant pas un homme ordinaire. Non, pour lui, c’est certain, il s’agit du Samaritain, un super-héros présumé mort, autrefois responsable de nombreux exploits à Granite City, une ville à nouveau en prise au chaos… Ce genre de personnage, Sylvester Stallone les connaît par cœur. Pas étonnant qu’il ait désiré non seulement jouer le rôle principal du Samaritain mais aussi le produire via sa société Balboa. Un rôle taillé pour ainsi dire sur-mesure, quelque-part entre John Rambo et William Munny, le personnage campé par Clint Eastwood dans Impitoyable.

Le-Samaritan

Seulement voilà… Dans Impitoyable, Eastwood a à peine plus de 60 ans. Il paraît presque en avoir 10 de plus, a du mal à monter à cheval et à tirer droit et n’est que l’ombre de la terreur de l’Ouest qu’il était jadis. Au fond, même s’il a continué par la suite, jusqu’à récemment avec Cry Macho, a incarner des durs à cuire, Clint a décidé de prend en considération son âge assez vite pour incarner des héros plus las, certes toujours capables d’en imposer, mais résolument plus apaisés. Sly lui, malgré ses 76 printemps, ne le voit toujours pas de la même façon.

Et c’est donc après avoir organisé le retour aux affaires de John Rambo dans Last Blood qu’il campe dans Le Samaritain un super-héros certes un peu abîmé par la vie mais néanmoins toujours en état de faire des dégâts. Un personnage dont on ne connaît d’ailleurs pas l’âge, que Sly s’approprie sans peine, à 74 ans (au moment du tournage), en semblant une nouvelle fois ignorer l’inexorable passage du temps.

L’éternel come-back

Le Samaritain raconte donc l’histoire d’un super-héros amené à effectuer un come-back. Comme Stallone, qui toute sa vie, a incarné des outsiders et des laissés pour compte, que les circonstances ou un petit coup de pouce du destin, ont transformé en héros. Comme souvent, son personnage, le dénommé Joe Smith, fait tout d’abord profil bas. Il encaisse et reste à l’écart. Néanmoins, un jour, un truc se produit et il plonge à nouveau dans l’action avec une énergie insoupçonnée, prêt à prouver sa valeur. Donc oui, la partition du Samaritain, Stallone et ses fans la connaissent par cœur. Ce qui ne veut pas dire que le film n’a aucun intérêt, bien au contraire.

Car au fond, Stallone continue d’écrire son histoire, se refusant à abdiquer, mettant ici comme jadis, beaucoup de cœur à l’ouvrage pour nous encourager à le suivre. À mi-chemin entre Rambo et Incassable, avec ce héros dont les pouvoirs sont plus ou moins les mêmes que celui de Bruce Willis chez Shyamalan, Sly fait excellente figure et, quoi qu’en dise ses détracteurs, certes bien aidé par les effets spéciaux et un montage pertinent, tient encore une forme impressionnante.

Ni Marvel ni DC

Prenant son temps pour raconter son histoire, avec une naïveté plutôt rafraîchissante, empruntant ici ou là des éléments à d’autres cadors du genre, comme Joker, avec son méchant avide de provoquer le chaos, le film de Julius Avery (Overlord) évolue à la lisière du film d’action old school et des productions super-héroïques de Marvel. Un choix risqué même si Le Samaritain fait tout ce qu’il peut pour justement s’affranchir des blockbusters actuels, sans toujours y parvenir néanmoins.

Surtout convainquant quand il reste focalisé sur ses personnages, en particulier Joe Smith, solidement campé par Stallone et Sam, le garçon incarné par l’excellent Javon Walton de la série Euphoria, le long métrage gagne aussi ses gallons grâce à la fluidité de sa narration et à sa rythmique bien calibrée. Classique mais sincère, il sait faire monter la pression et offre, lors de sa dernière demi-heure, un déferlement de violence parfaitement enthousiasmant, au cours duquel Sly s’en donne à cœur joie. Sans oublier le twist qui est aussi bien amené que pertinent, apportant une touche d’originalité à l’ensemble.

Incassable Rising

Avec son atmosphère désenchantée qui évoque aussi les Batman de Christopher Nolan, son héros torturé et son méchant charismatique, Le Samaritain parvient aussi à imposer sa tonalité. Une gageure vu la concurrence. Pour autant, parfois, il dévoile aussi ses limites. Les effets spéciaux ne sont ainsi pas toujours convaincants et trahissent un budget limité. La version jeune de Stallone en particulier, pique vraiment la rétine et fait ressembler l’acteur à un personnage de cinématique Playstation 2. Il aurait été plus judicieux de le faire incarner par un acteur plus jeune… La morale finale, là encore tout à fait dans l’esprit « Stallonien » est certes sincère mais plutôt maladroitement amenée. Le Samaritain ne se gêne pas pour emprunter à droite à gauche et se complaît parfois dans des clichés éculés, sans toujours prendre de risques. Certains personnages sont également à peine esquissés et c’est dommage.

Autant d’éléments qui démontrent que Le Samaritain n’est pas une énorme machine à gros budget mais bel et bien une série B assumée et généreuse, sincère et incarnée, y compris quand elle se montre maladroite. Ce qui lui permet paradoxalement de se démarquer. Derrière la caméra, Julius Avery sait mettre son héros en valeur, n’évite pas toujours le kitsch mais met du cœur à l’ouvrage pour au final orchestrer un spectacle à l’ancienne qui ne manque ni de punch, ni de cœur.

En Bref…

Porté par un Sylvester Stallone crépusculaire, toujours solide et massif, Le Samaritain gagne ses gallons grâce à sa sincérité et sa tonalité plus sombre. Porté par un souffle nostalgique, évoquant les séries B des années 80/90 (c’est un compliment), correctement réalisé et marqué par une fin à la fois surprenante dans son déroulé et sa brutalité, ce film, s’il n’est pas exempt de défaut, tape fort et s’impose bel et bien comme un solide divertissement. On n’en demandait pas plus.

@ Gilles Rolland

Le-Samaritain-Sylvester-Stallone
Crédits photos : MGM/Prime Video
Par Gilles Rolland le 27 août 2022

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