[Critique] NOS PIRES VOISINS 2

CRITIQUES | 6 juillet 2016 | Aucun commentaire

Titre original : Neighbors 2 : Sorority Rising

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Nicholas Stoller
Distribution : Seth Rogen, Rose Byrne, Chloë Grace Moretz, Zac Efron, Dave Franco, Ike Barinholtz, Kiersey Clemons, Christopher Mintz-Plasse, Selena Gomez, Beanie Feldstein, Lisa Kudrow…
Genre : Comédie/Suite
Date de sortie : 6 juillet 2016

Le Pitch :
Kelly et Mac attendent leur deuxième enfant. L’occasion pour le couple et leur petite fille de déménager dans un quartier plus tranquille. Cependant, alors qu’il pensent s’être débarrassés de leur ancienne demeure, l’installation d’une nouvelle sororité étudiante met en péril la vente. Le cauchemar recommence pour les deux trentenaires qui, quelques années auparavant, avaient déjà eu fort à faire avec le groupe de Teddy, avant d’enfin parvenir à s’en débarrasser. Teddy justement, tourne en rond. Tous ses amis ont réussi à se construire une vie mais lui est resté sur le bas-côté. Sa rencontre avec Shelby et ses amis, qui viennent justement de s’installer à côté de chez Mac et Kelly, lui donnera peut-être l’opportunité de prendre sa revanche et de renouer avec sa jeunesse…

La Critique :
Le postulat de Nos Pires Voisins 2 annonce la couleur. On prend les mêmes et on recommence en remplaçant les étudiants frappadingues par des étudiantes délurées. Ça, c’est sur le papier. Dans les faits, c’est un peu différent car le nouveau film de Nicholas Stoller se détourne un petit peu du couple vedette formé par Rose Byrne et Seth Rogen pour se focaliser un peu plus sur leurs « ennemies », à savoir ces copines désireuses de créer une sororité. Les jeunes du premier film n’avaient ainsi pas d’autres motivations que celle de s’amuser et de mener la vie dure à leurs voisins. Là, c’est un peu différent. Shelby, le personnage de Chloë Moretz, a une bonne raison pour monter sa propre fraternité. Lassée des ambiances machistes où les filles ne sont là que pour servir la soupe aux mecs, se dandiner à leurs côtés et ensuite passer à la casserole, elle rêve d’une sororité respectueuse, où les membres ne seraient pas forcées de s’habiller selon certains codes et où les gars ne feraient pas la loi. Un but tout à fait louable qui va quoi qu’il en soit déboucher sur un conflit avec Mac et Kelly. Rapidement, le long-métrage délaisse ces derniers pour vraiment creuser du côté des étudiantes, mais aussi de Teddy, le leader un peu à la ramasse joué par Zac Efron. Un électron libre auquel le script consacre aussi du temps, afin d’explorer des thématiques propres au passage à l’âge adulte, à l’amitié, et à toutes ces choses qui changent quand on a terminé les études et qu’on ne sait pas forcément quelle direction choisir.

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Pour autant, Nos Pires Voisins 2 ne se cache pas non plus de vouloir réutiliser la mécanique du précédent épisode. La structure est un peu différente mais cela ne tient qu’à quelques détails qui n’ont pas beaucoup d’incidence sur la tenue de l’ensemble. L’effet de surprise n’est plus là. En évoluant en terrain connu, au fil de codes respectés à la règle par une équipe avant tout soucieuse de faire rire et de communiquer gentiment son message, on prend vite conscience que peu de surprises seront au rendez-vous. Cela dit, il est vraiment appréciable de voir de quelle façon Nos Pires Voisins 2 désire prendre à contre-pied les clichés sexistes du premier volet et avec lui de la grande majorité des films de bringue où les mecs font la loi. Les filles ne sont plus des proies. Au début d’ailleurs, l’intervention de Selena Gomez dans le rôle de l’étudiante américaine typique, telle que le cinéma américain pour teenagers nous l’a souvent montrée, va dans ce sens. Selena Gomez met en exergue les différences qui la séparent du personnage de Chloë Moretz, qui cherche autre chose. Une valorisation, une émancipation, mais aussi une liberté. Et si le film échoue à faire preuve de finesse, même si ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demande, il fait montre d’une belle volonté pour aller jusqu’au bout de son propos, sans sacrifier son humour et sa propension à joyeusement sombrer dans le graveleux, prouvant qu’au final (on le savait déjà), le rire gras n’a absolument aucun rapport avec le sexe de ceux qui sont chargés de s’en faire les vecteurs. Une séquence illustre particulièrement bien cet état de fait : à un moment donné, les filles emmenées par Chloë Moretz font quelque chose qui répugne Zac Efron. Outrées, les étudiantes lui expliquent alors que si des garçons avaient fait la même chose, avec leurs propres armes (on ne dévoilera pas de quoi il s’agit), il aurait trouvé ça super drôle. Idem quand elles soulignent les thématiques des fiestas étudiantes masculines, où le mot « pute » n’est jamais bien loin de l’intitulé. Alors non, Nos Pires Voisins 2 ne fait pas dans la finesse et n’hésite pas à avoir recours à quelques raccourcis un peu faciles, mais au fond, son propos lui permet de s’élever avec une intelligence au-dessus de la masse. Du coup, on espère qu’il fera des émules pour bousculer dans leurs certitudes poussiéreuses ceux qui se complaisent dans des ersatz périmés d’American Pie, comme le navrant Projet X.

Pour ce qui est de l’humour donc, Nos Pires Voisins 2 offre de belles occasions de se fendre la poire. Les gags sont la majorité du temps efficaces, tout comme les dialogues, vifs et parfois référentiels. On prend plaisir à retrouver des personnages attachants campés avec toujours autant de conviction et de générosité par des acteurs excellents. Zac Efron en particulier, profite de l’évolution de son rôle pour tirer son épingle du jeu et se montrer absolument génial à chacune de ses apparitions. Pour ce qui est de la nouvelle venue, Chloë Moretz, elle démontre une nouvelle fois une capacité à tout jouer et s’amuse avec bonne humeur, sans s’imposer de limites, face au fameux duo formé par Seth Rogen et Rose Byrne, eux aussi parfaitement à leur place dans un univers dont ils sont les piliers. Il faut aussi souligner l’implication d’Ike Barinholtz, déjà génial dans le premier volet, qui lui aussi exploite sans se priver toutes les possibilités que lui offre sa partition.

En phase avec son époque, Nos Pires Voisins 2 continue certes à exploiter la recette du premier volet, mais sait aussi évoluer pour éviter de faire trop de surplace. Rien de révolutionnaire mais à l’arrivée, nous avons affaire à une comédie efficace et enjouée qui remplit sa part du contrat. Le divertissement promis est bien là et avec lui ce désir de tordre le coup à quelques clichés. Gentiment certes, mais sûrement.

@ Gilles Rolland

Nos-pires-voisins-2-cast  Crédits photos : Universal International Pictures France

Par Gilles Rolland le 6 juillet 2016

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