[Critique] SHAZAM!

CRITIQUES | 26 avril 2019 | 1 commentaire
Shazam-poster

Titre original : Shazam!

Rating: ★★★½☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : David F. Sandberg

Distribution : Zachary Levi, Asher Angel, Mark Strong, Jack Dylan Grazer, Grace Fulton, Ian Chen, Faithe Herman, Djimon Hounsou, Adam Brody…

Genre : Fantastique/Action/Comédie/Adaptation

Le Pitch :

Billy Batson, 14 ans, n’a jamais eu beaucoup de chance. Ballotté d’une famille d’accueil à l’autre, il n’arrive pas à trouver sa place. Un jour pourtant, un puissant magicien le téléporte dans un univers parallèle pour faire de lui son champion. D’abord dubitatif, le garçon ne tarde pas à s’apercevoir que ce sorcier n’est pas un illuminé mais bel et bien le véritable garant d’un pouvoir inimaginable. Désormais, il suffit à Billy de prononcer le mot « Shazam » pour se changer en super-héros…

La Critique de Shazam! :

Quand Shazam! fut annoncé, beaucoup virent en lui le potentiel sauveur de l’univers partagé de DC Comics aux cinéma. À l’époque encore sous le coup des échecs critiques (et un peu publics) de Batman v. Superman et Justice League, la firme avait en effet bien besoin d’un nouveau champion. Mais Aquaman est passé par là et, presque de façon inattendue, a pulvérisé les records en s’imposant tel l’un des films de super-héros les plus performants de tous les temps (plus d’un milliard de dollars de recette quand même). C’est dans un contexte plutôt serein que Shazam! intervient finalement. Même si bien sûr, le film a plutôt intérêt à cartonner. Après tout, on parle ici d’un blockbuster hyper cher et d’une potentielle alternative pour DC et Warner aux titres phares que sont Superman et Batman. Alors qu’en est-il ?

Big

Avec son adolescent transformé du jour au lendemain en adulte, Shazam! rappelle furieusement Big, de Penny Marshall. Si ce n’est que dans Big, Tom Hanks ne portait aucun costume ridicule et n’avait aucun super pouvoirs. Shazam! s’amuse d’ailleurs de la ressemblance au travers d’une scène en forme de clin d’œil respectueux. Et au fond, cette séquence, pourtant très courte, exprime bel et bien la modestie du projet. Oui, Shazam! est plutôt modeste. Un peu trop par moment d’ailleurs tant il s’avère bien moins spectaculaire que tous les autres films l’ayant précédé dans l’univers DC. Moins spectaculaire mais aussi plus profond et plus drôle que la plupart des autres productions super-héroïques maison. Car ici, jamais les effets-spéciaux ou les tentatives pour en mettre plein la vue viennent parasiter le joli message (un peu guimauve mais ce n’est pas grave) du long-métrage ainsi que sa propension à se montrer plus qu’à son tour amusant et même parfois carrément drôle. Modeste, le film de David F. Sandberg l’est aussi quand il se réfère à ses aînés Superman, Batman et Aquaman en tête. Comme si le réalisateur voulait exprimer son admiration et du même coup affirmer qu’il sait qu’il a encore beaucoup à apprendre pour prétendre ravir le trône à ses illustres collègues. Une belle façon d’introduire également le héros auprès d’un public composé en majeure partie de personnes n’ayant jamais entendu parler de lui. Il faut ainsi saluer la démarche. Même si elle est maladroite, elle fait mouche et Shazam!, de se montrer attachant, tout spécialement dans sa première partie, vraiment réussie, et tendre.

Shazam-Zachary-Levi-Mark-Strong

Éclair de génie ?

David F. Sandberg dirige pour la première fois une grosse machine. Remarqué grâce à ses courts-métrages (dont le populaire Lights Out en 2013), le Suédois est ensuite passé au grand format en « allongeant » son Lights Out (Dans le noir en 2016) mais aussi en offrant au calamiteux Annabelle une bonne suite. Aujourd’hui, avec Shazam!, Sandberg fait preuve d’une bonne volonté manifeste. Malgré tout, on le sent aussi peu à son aise quand il s’agit de véritablement embrasser les codes du genre auquel il se frotte. Son film n’est donc pas vraiment spectaculaire et oui, cela peut constituer un frein à l’enthousiasme de certains fans. Il faut aussi souligner qu’il n’est pas vraiment aidé par une technique chancelante (les monstres sont à peine plus crédibles que les créatures de… au hasard Justice League). Un peu fragile sur ses appuis, David F. Sandberg se montre ainsi plus compétent quand son héros reste au sol, dans la comédie ou le drame. Shazam! est au final beaucoup plus drôle et nuancé que Deadpool mais aussi bancal quand il s’agit d’envoyer son héros au front. Comme si le film tentait de repousser l’affrontement final avec le méchant en esquivant un peu sans vraiment arriver à noyer le poisson.

Niveau casting, Shazam! sait profiter du talent de ses acteurs. Les enfants, Asher Angel et Jack Dylan Grazer en tête sont très bons, tout comme Zachary Levi. Même Mark Strong, avec la prestance qu’on lui connaît, parvient à donner de la substance au méchant pourtant relativement transparent sur le papier. Alors oui, avec ses créatures bizarres et parfois ridicules, son sorcier improbable et sa façon d’avancer un peu à vue en donnant l’impression de ne pas toujours savoir où il va, Shazam! reste fragile et prévisible. Mais au fond, c’est aussi cela, cette fragilité, qui paradoxalement, le rend attachant.

En Bref…

Un peu hésitant, maladroit, parfois un peu ridicule mais plein de bonne volonté et plutôt drôle, Shazam! fait office de divertissement plutôt honnête. Avec un scénario un peu plus solide, 30 minutes en moins et des effets-spéciaux moins inégaux, ce blockbuster en l’état un peu bordélique, aurait vraiment pu s’imposer avec force. Reste qu’il s’arrange en permanence pour se faire pardonner ses failles à défaut de faire autant d’étincelles qu’espéré.

@ Gilles Rolland

Shazam-cast
Crédits photos : Warner Bros. France
Par Gilles Rolland le 26 avril 2019

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Karl Libus
Karl Libus
2 années il y a

Sympa… Totalement en accord avec ta critique.