[Critique] MORGANE

CRITIQUES | 3 octobre 2016 | Aucun commentaire
morgane-poster

Titre original : Morgan

Rating: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Luke Scott
Distribution : Kate Mara, Anya Taylor-Joy, Toby Jones, Rose Leslie, Paul Giamatti, Boyd Holbrook, Michelle Yeoh, Jennifer Jason Leigh, Michael Yare…
Genre : Science-Fiction/Horreur/Drame
Date de sortie : 28 septembre 2016

Le Pitch :
Lee, une consultante en gestion de risques, se rend dans un complexe isolé afin d’enquêter au sujet de Morgane, une adolescente entièrement créée en laboratoire, qui en plus de présenter des caractéristiques exceptionnelles, semble aussi avoir des problèmes pour gérer un stress violent. L’agression dont fut victime l’une des employées du centre ayant attiré l’attention de l’entreprise à la base de l’expérience sur les risques que peut présenter l’enfant.
À son arrivée, Lee fait donc la connaissance de Morgane, qui s’avère être calme et avenante. Elle ne va pas pourtant pas tarder à découvrir la vraie nature de cette dernière…

La Critique :
Tout comme son frère Jake et sa sœur Jordan, Luke Scott a décidé de se lancer dans la mise en scène, marchant ainsi sur les traces de Ridley Scott, son illustre paternel. C’est après avoir réalisé un court-métrage que le jeune homme est entré dans la cour des grands en livrant une extrapolation de ce film court, basé plus ou moins directement sur le mythe de Prométhée et rappelant immanquablement le Frankenstein de Mary Shelley.

Morgane-Kate-Mara
Et quand on se lance, il est mine de rien important d’avoir de solides connections dans le milieu. C’est probablement pour cela que Morgane peut compter sur une solide escouade d’acteurs célèbres. On retrouve alors, y compris dans des rôles très secondaires, des têtes connues comme Brian Cox, que l’on ne voit que quelques secondes. Des comédiens pour beaucoup issus de la télévision, comme Rose Leslie, la Ygritte de Game Of Thrones, Boyd Holbrook, de Narcos et Michael Yare de The Knick, qui offrent un soutien de poids aux incontournables Paul Giamatti, Michelle Yeoh, Toby Jones, eux-mêmes parfaits, aux côtés du duo vedette composé de la jeune Anya Taylor-Joy, la révélation de The Witch et Kate Mara.
Kate Mara qui trouve immédiatement sa place dans cette fable teintée de science-fiction, où elle campe une experte chargée d’analyser les risques liés à une expérience d’un nouveau genre. Une actrice qui, à l’instar de sa sœur Rooney, excelle quand il s’agit d’incarner des personnages froids, en apparence distants et donc relativement mystérieux. Kate Mara avance, armée d’un charisme à toute épreuve, et incarne l’ambivalence du scénario tout en se lançant corps et âme dans l’action lors de séquences de bastons spectaculaires, que n’aurait pas renié le Steven Seagal des grands jours.

Car si Morgane commence doucement, instaurant une ambiance voulue de plus en plus pesante au sein d’un environnement limité et propice au bon essor de codes relatifs à l’horreur et à l’épouvante, il sait aussi durcir le ton pour, au fil de scènes d’action maîtrisées, pour peu à peu devenir une vraie série B de genre. C’est d’ailleurs quand Luke Scott choisit d’assumer le côté modeste de son film pour enchaîner sans reculer les séquences chocs, qu’il arrive le mieux à se démarquer de Frankenstein et d’Ex Machina, auquel il est difficile de ne pas songer. Car au début, même si le mystère persiste et que tout est fait pour nous immerger dans l’atmosphère, l’histoire ne tarde pas à faire un peu de surplace, quand on comprend qu’il y a peu de chances que nous soyons surpris à un moment ou à un autre. On a déjà vu ce genre de chose auparavant et même si la critique en forme d’avertissement quant à l’expérimentation et au désir de jouer à Dieu, est louable, ce n’est pas suffisant pour nous encourager à crier au génie. Ses galons, Morgane les gagne à coups de poing dans la tronche, et dès qu’il durcit le ton et lève le voile quant à la condition véritable de cet enfant enfermé, surveillé par les scientifiques qui l’ont créé. Peu convainquant quand il joue la carte de la réflexion métaphysique, alors qu’Ex Machina excellait sur ce terrain, le long-métrage de Luke Scott n’a pas les épaules assez larges pour ses prétentions mais semble d’une certaine façon le savoir, tant il se transforme, passé une première partie un peu longuette, en sorte de duel à mort sanglant. Un combat qui révèle les capacités physiques de Kate Mara, franchement impressionnante et de l’intense Anya Taylor-Joy, tandis que l’action en profite pour sortir du laboratoire et exploiter -un peu tard mais quand même- des décors de toute beauté, qui eux aussi évoquent un certain cinéma de genre crépusculaire.

En Bref…
Morgane convainc dès lors qu’on accepte de le considérer comme la vraie série B qu’il est. À la mise en scène, Luke Scott fait montre d’un talent certain, qui demande certes à s’affiner mais qui, dans le cas présent, suffit à proposer un spectacle qui a une certaine gueule. C’est violent, classique, les acteurs font le job, Kate Mara et Anya Taylor-Joy en tête, et même si tout est cousu de fil blanc, c’est efficace et le twist final fait son petit effet.

@ Gilles Rolland

Morgane  Crédits photos : 20th Century Fox France

Par Gilles Rolland le 3 octobre 2016

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