[CRITIQUE] SANS UN BRUIT : JOUR 1

CRITIQUES | 28 juin 2024 | Aucun commentaire
Sans-un-bruit-jour-1-affiche

Titre original : A Quiet Place : Day One

Rating: ★★★½☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Michael Sarnoski

Distribution : Lupita Nyong’o, Eliane Umuhire, Joseph Quinn, Djimon Hounsou, Denis O’Hare…

Genre : Horreur/Épouvante/Préquel/Saga

Durée : 1h39

Date de sortie : 26 juin 2024

Le Pitch :

À New York, Samira, une jeune femme, est témoin de l’invasion d’extraterrestres particulièrement agressifs. Retranchée avec d’autres survivants dans un vieux théâtre, elle comprend rapidement que les envahisseurs, bien qu’aveugles, sont dotés d’une ouïe particulièrement fine. Décidée à traverser la ville, Samira ne tarde pas à faire la connaissance d’Eric, un jeune homme aux abois…

La Critique de Sans un bruit : Jour 1

Motivé par les énormes succès de Sans un bruit et Sans un bruit 2, le réalisateur/scénariste John Krasinski (Jim dans The Office) a bien sûr décidé d’offrir à son excellente franchise un troisième volet. Non pas pour raconter la suite des aventures de la famille Abbott, même si c’est aussi prévu, mais pour revenir sur les premiers jours de l’invasion des monstres à l’ouïe fine. Sur le premier jour précisément.

Dans un premier temps attribué au Jeff Nichols, John Krasinski ayant préféré changer de registre pour mettre en scène le très touchant Blue & Compagnie, le projet a fini par revenir à Michael Sarnoski, connu sous nos latitudes pour avoir offert à Nicolas Cage l’un des meilleurs films de sa carrière avec Pig.

Le silence est vie

Détaché des deux premiers volets de la saga, avec une nouvelle unité de lieu et de nouveaux personnages (bien que Djimon Hounsou, déjà dans le 2, est également présent en arrière-plan), ce troisième Sans un bruit commence comme n’importe quel autre film d’invasion extraterrestre à tendance horrifique. On a à peine le temps de faire connaissance avec les personnages que les aliens débarquent et défouraillent à tout va. Des monstres ici plus visibles que dans le premier Sans un bruit, qui évoluent en plein jour et qu’on peut donc désormais observer sous toutes les coutures.

L’effet de surprise s’est logiquement évanoui. On connaît la nature de la menace. Ce qu’il y a de marrant, c’est que les personnages ont semble-t-il eux aussi vu les premiers films car il ne leur faut qu’à peu près 10 minutes pour piger le truc. Quand l’héroïne campée par Lupita Nyong’o reprend conscience, tout le monde sait qu’il faut se taire pour ne pas attirer les monstres. Un peu précipité…

Soulignons aussi que l’arrivée des aliens, si elle est plutôt spectaculaire, avec les buildings new-yorkais pris d’assaut par des créatures venues d’ailleurs, aucune séquence n’est vraiment à la hauteur de l’incroyable introduction du deuxième volet qui, souvenez-vous, racontait déjà le début de l’invasion. Pour résumer, on ne peut pas dire que Sans un bruit : Jour 1 gagne ses gallons dans sa première demi-heure même si le spectacle qu’il nous propose est loin d’être catastrophique.

Horreur muette

Le problème, au fond, c’est que très vite Sans un bruit : Jour 1 sent le réchauffé. Le savoir-faire est là, les acteurs sont bons mais tout ce que nous présente le film a déjà été vu ailleurs. Heureusement, au fil des minutes, le long métrage dévoile ses véritables intentions et commence à se montrer beaucoup plus méritant.

Car finalement, plus qu’un simple film d’horreur au déroulé classique, ce préquel est un drame humain habité par deux personnages déjà paumés avant l’invasion, qui vont se trouver pour espérer profiter d’instants suspendus au milieu du chaos.

Ainsi, les meilleures scènes de Sans un bruit : Jour 1 sont presque celles d’où les créatures sont absentes. On pense notamment à la séquence dans le café ou encore à ces dialogues murmurés qui mettent en évidence la justesse du jeu viscéral de Lupita Nyong’o et la pertinence de Joseph Quinn (bien loin de son rôle de fan de heavy metal dans Stranger Things). Les acteurs d’ailleurs, sont pour beaucoup dans la réussite de l’ensemble.

La mélodie du silence

Néanmoins parcouru de séquences visuellement très réussies, comme cette poursuite sous l’eau ou encore la fin, excellente en tous points, Sans un bruit : Jour 1 met un moment à trouver son rythme de croisière mais parvient à adopter une posture qui rattrape les clichés sur lesquels il s’appuie quand il assume son côté horrifique. Michael Sarnoski, très à l’aise, fait montre d’un solide savoir-faire du début à la fin mais n’est jamais aussi convainquant que lorsqu’il s’agit de filmer la détresse de ses personnages. Une détresse qui, tout compte fait, n’est pas uniquement relative aux aliens mais bien à la solitude et à la mélancolie teintée de tristesse qui habitent les protagonistes.

En Bref…

Ce préquel, moins frontal dans l’horreur que les deux précédents, trouve sa singularité dans sa façon de recentrer son intrigue sur des personnages très bien écrits et remarquablement interprétés. Au point de transformer ce qui aurait pu être une série B d’horreur somme toute classique en drame humain viscéral et touchant.

@ Gilles Rolland

Par Gilles Rolland le 28 juin 2024

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