[CRITIQUE] THE MONKEY

CRITIQUES | 11 mars 2025 | Aucun commentaire
The-Monkey-affiche

Titre original : The Monkey

Rating: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Oz Perkins

Distribution : Theo James, Christian Convery, Tatiana Maslany, Adam Scott, Oz Perkins, Elijah Wood, Laura Mennell…

Genre : Horreur/Comédie/Adaptation

Durée : 1h34

Date de sortie : 14 février 2025

Le Pitch :

Deux frères jumeaux trouvent un étrange singe mécanique dans les affaires de leur père disparu. Très rapidement, ils s’aperçoivent que le simple fait de remonter la clé de ce jouet manifestement pas comme les autres provoque la mort d’une personne au hasard. À moins que le hasard n’ait rien à voir là-dedans…

La critique de The Monkey :

Le Singe fait partie des premiers textes de Stephen King que j’ai lu. Publié dans l’excellent recueil Brume, pour la première fois en 1980, il a dû atterrir dans mes mains une bonne quinzaine d’années plus tard alors que mon cousin m’avait vanté les mérites de ces histoires diablement bien troussées. J’ai même choisi la version originale, en anglais, dans le cadre d’une étude de texte au lycée. Pour autant, je préfère vous l’avouer tout de suite.

Si j’en ai plutôt un bon souvenir, l’histoire courte Le Singe ne m’a pas non plus laissé un souvenir incroyable. C’est même d’ailleurs selon moi l’un des récits les plus anecdotiques de Brume. Et si pendant des années, Le Singe est en effet passé sous les radars des nombreux réalisateurs qui sont allés chercher l’inspiration dans l’œuvre du paternel de Pennywise, le voici qui revient par la grande porte, propulsé par la vision super déviante d’Oz Perkins, moins d’un an après la sortie de son précédent film, le complètement taré Longlegs avec Nicolas Cage.

Shock the Monkey

Le singe du titre est donc une espèce de jouet. On le remonte et il tape sur un petit tambour, non sans avoir au préalable dévoilé ses ratiches dans une espèce de parodie morbide de sourire. Effet garanti. J’ai d’ailleurs appris grâce à mes très estimés consœurs et confrères d’Ecran Large que si le singe du film tape sur un tambour et ne fait pas s’entrechoquer des cymbales comme dans la nouvelle, c’est parce que Pixar a déposé le singe à cymbales qui, depuis son apparition dans la saga Toy Story, ne peut apparemment pas figurer ailleurs. Et probablement encore moins dans le genre de film où le réalisateur te sers une explosion gore toutes les 10 minutes.

Vieux singe, nouvelles grimaces

The Monkey aurait très pu ressembler à Annabelle. Un truc insignifiant en somme. Mais non. Car Oz Perkins, le fils d’Anthony Perkins, le Norman Bates de Psychose, est un peu timbré. Et sacrément talentueux. Du coup, le mec a totalement perverti la dynamique de la nouvelle pour se l’approprier et en faire un délire super violent méchamment second degré, tragique, malsain et joyeusement bancal. Pour tout vous dire, j’ai même pensé aux vieux films de la Troma. Certes ce n’est pas aussi bordélique, mais il y a dans ce film un petit quelque chose de parfaitement contradictoire. Surtout dans un paysage horrifique américain sclérosé par les merdes insipides.

The-Monkey-cast
Rencontre avec le singe. The Monkey. Tous droits réservés : Atomic Monster/Black Bear International/C2 Motion Picture Group/Range Media Partners/Stars Collective Films Entertainment Group/The Safran Company

J’ai aussi pensé au Croque-Mitaine, le film de 2023, également adapté d’une nouvelle de King. Un truc très moyen, qui prenait un malin plaisir à effacer tout ce qui faisait de la nouvelle une nouvelle très solide, histoire de faire ressembler le tout à n’importe quelle série B vaguement flippante et assurément pas originale du tout. Avec The Monkey, Oz Perkins fait tout l’inverse. Certes moins barré que Longlegs, son nouveau long métrage entretient néanmoins la filiation et va jusqu’au bout de son délire, poussant le bouchon toujours plus loin.

Pas pour tout le monde

Je suis tombé l’autre jour sur une vidéo où des spectateurs donnaient leur avis sur The Monkey. Il s’agissait d’un couple. La fille disait qu’elle avait détesté, que c’était nul à chier et le mec approuvait, affirmant que c’était probablement le truc le plus pourri qu’il ait pu voir sur un écran de cinéma. Il faut toujours se méfier de ce genre de retour à chaud, comme vous devriez d’ailleurs peut-être vous méfier de cette critique, que je suis en train de pondre, à peine 30 minutes après avoir poussé les portes de la salle de cinéma. Ce que je veux dire par là, c’est que lorsqu’un film encourage de telles réactions, on tient quelque chose. Une œuvre qui fait ressentir une telle haine… Un peu comme si ces gens s’étaient sentis agressés par le singe… Je me suis dit, merde, bouge toi et fonce voir ce truc !

Horreur simiesque

Produit par James Wan, The Monkey est donc original. Une sorte de mix entre Annabelle, donc, pour le côté poupée maudite, et Destination Finale, avec une ribambelle de mises à mort toutes plus sanglantes et originales les unes que les autres. Le tout saupoudré d’un humour à la Troma, avec un zeste de frères Coen, dans un environnement peuplé de personnages hauts en couleurs, complètement cons, ou les deux à la fois.

À la mise en scène, Perkins ne s’est pas dégonflé et, tout en adoptant les codes de ce genre de film, a aussi insufflé au bordel son propre langage. Certes moins cryptique que Longlegs (quoi que par moment), The Monkey trouve sa singularité assez rapidement et nourrit la puissance de son propos à grand renfort de choix tous plus couillus les uns que les autres. Le truc, c’est que si Perkins assure à la réalisation, il a aussi su tricoter un scénario béton, en s’appropriant également le récit de King pour le remanier sans en dénaturer l’essence. Jusqu’au bout du bout, vu que le dernier plan contient aussi son lot d’hémoglobine, juste après une évocation hyper bizarre et donc forcément réjouissante.

À contre courant

Et non, juste au cas où vous vous poseriez la question, je n’ai pas aimé l’outrance parfois grossière, l’humour carrément débile, les ruptures de ton franchement brutales et le contre emploi super réjouissant de Theo James dans The Monkey parce que le cinéma américain horrifique se limite bien trop souvent à des production policées. Non, si j’ai aimé The Monkey, c’est tout simplement parce que c’est un putain de bon film d’horreur à l’ancienne.

En Bref…

Bourrin, délirant, en apparence parfois crétin amis en fait plutôt malin, gore, brutal, malsain et inventif, The Monkey souffre bien de quelques petits ventres mous mais ces derniers n’entament en rien l’enthousiasme qu’il encourage. Un bon film d’horreur ? Oui mais pas uniquement…

@ Gilles Rolland

The-Monkey
“Toi, tu n’as pas une gueule de porte-bonheur”. Tous droits réservés : Atomic Monster/Black Bear International/C2 Motion Picture Group/Range Media Partners/Stars Collective Films Entertainment Group/
The Safran Company
Par Gilles Rolland le 11 mars 2025

Déposer un commentaire

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires