[CRITIQUE] THUNDERBOLTS*
Titre original : Florence Pugh, Sebastian Stan, Wyatt Russell, David Harbour, Hannah John-Kamen, Julie Louis-Dreyfus, Lewis Pullman/*The New Avengers
Rating: 




Origine : États-Unis
Réalisateur : Jake Schreier
Distribution : Florence Pugh, Sebastian Stan, Wyatt Russell, David Harbour, Hannah John-Kamen, Julie Louis-Dreyfus, Lewis Pullman…
Genre : Fantastique/Action/Adaptation/Suite/Saga
Durée : 2h06
Date de sortie : 30 avril 2025
Le Pitch :
Yelena Belova, la sœur de la regrettée Black Widow, est piégée par Valentina Allegra de Fontaine, sa supérieure, en même temps que Taskmaster, Le Fantôme, John Walker et un mystérieux type prénommé Bob. Pour s’en sortir et tenter de découvrir pourquoi celle qui leur a fourni du travail toutes ces années veut se débarrasser d’eux, une seule solution : faire équipe. Ainsi naissent les Thunderbolts, par ailleurs vite rejoints par Bucky Barnes, alias le Soldat de l’hiver et Red Guardian, la version communiste et bedonnante de Captain America…
La Critique de Thunderbolts* :
J’écris cette critique alors que le nouveau pape vient d’être élu. Et d’ailleurs, vous avez vu le film Conclave ? C’est très bien ! Le rapport avec Thunderbolts* ? Il n’y en a pas. Sauf bien sûr le fait que comme le dernier Marvel en date, le pape est aussi américain. Aussi américain que le colonel Sanders ! Oh yeah ! Mais trêve de bavardages.
Tous pour un
Marvel s’est enfin ressaisi. Quelques mois après la sortie du fadasse Captain America Red Hulk ou quel que soit son titre, les Thunderbolts viennent sauver la mise de l’usine à rêves (et aussi un peu le monde). Merci au réalisateur Jake Schreier (les sympathiques Robot and Frank et La Face cachée de Margo), ici entouré de tout un tas de personnes très fréquentables dont des transfuges du studios ultra hype A24. Et à l’écran, ça se voit. Ce n’est pas non plus Midsommar, mais la photographie est plus chiadée, les plans semblent plus travaillés… En gros, on voit qu’il se passe clairement quelque chose.
Tout le monde a turbiné c’est évident et quelqu’un a eu la très bonne idée de mettre Florence Pugh au second plan. Cette actrice ne sait pas foirer. Quand elle est là, tout de suite, ça va mieux. Même dans le pourtant pas terrible Black Widow, elle sauvait un peu le truc. Une actrice qui prend le leadership d’une nouvelle équipe d’Avengers (c’est à cela que renvoie l’astérisque du titre), ici opposée à un super méchant tout sombre (littéralement), capable de générer du vide. Un super-pouvoir qu’il partage avec notre Luc Besson national d’ailleurs. Incroyable.

Marvel sauvé des eaux
Terminé les conneries. Pour Kevin Feige, le grand patron des studios Marvel, le MCU doit retrouver des couleurs. Moins de films et de séries mais une qualité accrue. Thunderbolts* marquant justement ce changement de stratégie. Et ça fonctionne. Oui car même si on est bel et bien devant un Marvel, pas de doute, force est de reconnaître qu’un film du MCU ne m’avait pas enthousiasmé depuis bien longtemps ! Depuis quand ? Comme ça, à chaud, je dirais… Probablement Les Gardiens de la Galaxie 3 ou Doctor Strange in the Multiverse of Madness.
Retour sur terre
L’affiche française est complètement aux fraises. « Pas de pouvoirs ». Si si justement, certaines recrues des Thunderbolts ont des pouvoirs. Tous en sont dotés d’ailleurs, sauf Yelena, le personnage de Florence Pugh. Red Guardian et Scott Walker sont des supers soldats comme Steve Rogers, Bucky Barnes aussi d’ailleurs, avec un bras bionique en prime, et le Fantôme peut traverser les murs. Pas de pouvoirs ? Sérieusement les mecs ? Une affiche qui affirme également que les Thunderbolts ne font pas de concessions. Une autre façon de dire qu’ici, les héros sont en réalité des anti-héros.
Buddy movie géant où tout le monde apprend à collaborer avec tout le monde, Thunderbolts* sait utiliser de bonnes vieilles ficelles pour faire avancer son histoire, sans jamais oublier d’épaissir ses personnages en chemin. Même si tous n’ont pas droit au même traitement. Scott Walker, déjà vu dans la série Falcon et le Soldat de l’hiver, crée la surprise et devient contre toute attente plutôt attachant. Red Guardian est toujours le bourrin beauf de service mais le Fantôme tire aussi son épingle du jeu. Quant à Yelena et Bucky Barnes, ils ont tout juste. Ce dernier qui nous gratifie d’une scène à moto en forme de clin d’œil à Terminator 2, avec une classe qui rappelle si besoin était combien la tronche de Sebastian Stan aurait sa place dans le dico à côté du mot charisme.
Sauver le monde pour mieux se sauver soi-même
Assez classique, l’histoire de Thunderbolts* est suffisamment bien écrite pour redonner des couleurs au MCU avant l’arrivée de Dr. Doom et des Fantastiques. En choisissant de miser sur des anti-héros, Kevin Feige a fait le bon choix et ramené son univers à quelque chose de plus humain. Certes le scénario prend parfois des détours inutiles et l’intrigue aurait gagné à être un peu plus resserrée, mais dans l’ensemble, le métrage fait montre d’une réelle efficacité. Y compris dans l’action, grâce à des scènes plus brutales, moins pyrotechniques et paradoxalement plus spectaculaires que celles des dernières productions Marvel en date. Même l’humour est moins bas du front. Comme si finalement, Marvel avait tendu l’oreille et tenu compte des critiques formulées à l’encontre du MCU. De quoi donner de l’espoir pour la suite ? Étant donné que Pedro Pascal a signé pour jouer Mister Fantastique, j’ai envie de dire que tout est possible…
En Bref…
Plus sec, plus nerveux, plus réaliste et plus émouvant, Thunderbolts* agit comme une bonne décharge sur le MCU qui en avait bien besoin. Bien plus valeureux que le dernier Captain America, ce New Avengers captive autant qu’il enthousiasme (malgré les clichés sur lesquels il s’appuie) grâce notamment à sa tendance à rester focalisé sur ses personnages.
Spoiler : à ne pas lire si vous n’avez pas vu le film et la première saison de Daredevil : Born Again
Étant donné que Thunderbolts* se déroule à New York, comme la série Daredevil, on est en droit de se demander comment le film va influer sur la seconde saison de Daredevil. En effet, dans Born Again, Fisk, devenu maire, fait la chasse aux super-héros. Dans Thunderbolts*, ils sont 5 et à la fin, ils deviennent parfaitement légitimes. Au point de se faire appeler les nouveaux Avengers et de prendre leur quartier dans l’ancien immeuble des premiers Avengers ! Et quand le méchant efface une partie de New York ? Épargne-t-il le quartier de Daredevil ? Peut-être mais il est à peu près certain qu’il engloutit le bureau du maire. Et l’araignée sympa du quartier, elle est où ? Tout ça pour dire qu’encore et toujours, le MCU a bien du mal à maintenir une vraie cohérence entre toutes ses productions.

@ Gilles Rolland
